« J’accepte cet archipel des Amériques »

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Dereck WALCOTT (Photo Guardian)

Extrait d’un poème de Dereck WALCOTT, Sainte-Lucien et prix Nobel de littérature

J’accepte cet archipel des Amériques. Je dis à l’ancêtre qui m’a vendu et à l’ancêtre qui m’a acheté :

Je n’ai pas de père, je ne veux pas d’un tel père, bien que je puisse vous comprendre, fantôme noir, fantôme blanc, quand l’un et l’autre vous murmurez : « Histoire ».

A vous, grands-pères à qui intérieurement j’ai pardonné, je vous adresse, comme les plus honnêtes de ma race, un étrange merci. Je vous adresse un étrange, amer et pourtant exaltant merci pour cette immense friction et soudure de deux grands mondes, pareils aux moitiés d’un fruit jointes par son propre jus amer.

Je vous remercie de m’avoir placé, exilés de vos propres Edens, dans la merveille et le prodige d’un autre.’’

Derek Walcott Sainte-Lucien, prix Nobel de littérature 1992

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