À mes frères Antillais

10

Un poème d’amour et d’espoir dans cet univers de passion.

Sur l’horizon le soleil soulève une paupière ; la mer est encore tranquille et mystérieuse.

Un marin vêtu de courage et de liberté, fier et seul sur sa yole, va chercher et trouver au fond de ses entrailles tous les fruits de la mer, tandis que sur le rivage la senne se déroule pour enfermer le poisson frétillant de fraîcheur, et le cri des hommes résonne encore :
« Bois canot….Bois canot.…Bois canot….. Bois Terre ! »
J’ai grandi dans ce pays parmi vous, parmi nous.
Merci Monsieur, mon cœur d’enfant t’a vu et tous les bruits de la mer cinglent ma mémoire !
Etais-tu blanc ? …. étais-je noir ? …. je ne savais pas ! Les enfants ne connaissent pas bien les couleurs !
Où es-tu ? Qu’es-tu devenu ? Que faisons-nous maintenant ???
Pourquoi ces cris ? Pourquoi cette haine ?
Je t’ai aimé marin d’un instant, homme de toujours fort et généreux.
Sans toi sur cette île ce pays n’a plus d’âme, et moi sans toi je ne saurai vivre ailleurs !
Ces cris, cette douleur qui remontent du fond des âges, je ne les savais pas, mais je te jure, je les partage avec toi, et toutes les gallinacés de la terre se glissent dans ma chair pour en témoigner !
La douleur, la souffrance se partagent, la haine nous éloigne !
Je suis sûr de ton affection passée, moi, je ne t’ai jamais perdu.
Oublie ces cris, oublie la guerre, lève-toi, luttons ensemble pour notre avenir commun.
Apprends à tes petits-enfants comme je l’explique aux miens, que les murs sont effondrés, que les chaînes sont dispersées à jamais !
Je suis blanc dans cette foule colorée où j’aimerais passer inaperçu car dans mes tripes d’homme devenu, je suis comme toi ! Ne juge pas ma peau, je respecte la tienne.
Je suis seul avec toi, avec nous dans cette foule où je me mêle et que je traverse à nouveau sans crainte, car nos mains se tiennent, se comprennent et ne se lâchent plus !
Ne nous perdons plus, trop de choses nous unissent. Faisons grandir et prospérer cette île, notre île sur laquelle debout, ensemble nous marchons.
Olivier de Reynal
Paris, février 2009

Partager

10 commentaires

  1. quel joli poeme.
    il m’a beaucoup emu, c’est notre histoire
    L’histoire de la martinique et des martiniquais
    c’est notre terre d’enfance que nous aimons, et notre terre d’avenir !!!!!
    elle nous appartient a tous
    MARCHONS MAIN DANS LA MAIN DANS LA TOLERANCE ET L’AMOUR

  2. Monsieur de reynal

    Dans le but de marcher "main dans la main ensemble" comme vous dites, pourriez vous inviter l’ensemble de la population de la martinique à participer le 15 Aout 2009 à votre réunion sur les fonds blancs du François.

    ça, serait un signe fort, et non plus la "Saint békés" comme j’ai pu l’entendre, ou vos parents se rassemblent entre eux, pour ne pas "se mélanger".

  3. La bêtise n'a pas de couleur le

    Quand on a demandé à mon petit frère (âgé de 8 ans à l’époque) Quel métier il envisageait, il a répondu: "quand je serais grand, je serai béké". Cela fait sourire?

    Il y a un sérieux problème avec la société martiniquaise. On envie les békés. On reproche à certains de ne pas se mélanger. Certains mettent leurs enfants dans des écoles privées pour ne pas les mêler à la masse… Et alors, pourquoi vous voulez à tous prix parler à des idiots blancs, noirs ou autres? D’accord c’est une île mais arrêtons de penser "petit".

    Vous n’êtes pas amis avec Olivier de Reynal. Et alors? Est-ce qu’il est primordial de le compter parmi vos amis. Est-ce que c’est parce que ça fait bien de dire "je connais Olivier de Reynal" plutôt que de dire que vous connaissez la vendeuse sur le marché?

    Toutes vos plaintes commencent par : "Les békés….
    Ce qui m’inquiète, c’est que je n’entends pas d’initiative pour SE BOUGER, créer sa propre richesse, OFFRIR UNE CONCURRENCE à ce marché qui la réclame!!

    Dans la vie ceux qui réussissent, ce sont ceux qui avancent. Arrêtons d’envier et de se morfondre sur la condition du pauv’ nègre. Avancer, c’est aussi observer ce que font les autres pour faire mieux.

  4. Arrêtez avec vos préjugés!!! le

    Je réponds à black pearl.

    Je t’invite à venir quand tu veux te mélanger avec les békés, le 15 Aout ou même les autres jours si tu le souhaites.
    Cette "habitude" du 15 août, qui à mon sens est débile, n’a jamais été un regroupement de béké.
    Chaque année, il y a des noirs, des métis, des zorey’ etc…

    Et puis entre nous, la mer appartient à tout le monde.
    Si tu le souhaites, viens avec 200 amis de toute origine, tu ne dérangera personne…

    A bientôt donc…

  5. Moi je suis une 1/2 béké ayant vécu en Martinique jusqu’à 13 ans. j’ai ensuite vécu en France métropolitaine. J’ai la prétention de connaitre l’histoire de ce petit bout de terre, sa situation actuelle. Je pense que blancs et métisses avanceraient à grands pas s’ils prenaient exemple sur la formation de l’Europe juste après la seconde guerre mondiale avec l’association de pays qui se sont déchirés, pendant des centaines d’années pour certains. Plus près de nous, les USA donnent aussi l’exemple avec son président qui regarde DEVANT lui. Il est stérile de toujours regarder derrère soi. Il faut que les martiniquais, békés comme metisses acceptent d’ètre à égalité. C’est la seule issue pour ce petit pays. Il faut en trouver les moyens. Je suis très optimiste à long terme car nous avons affaire à des hommes intelligents

  6. une autre martiniquaise le

    Messieurs, mesdames, Martiniquais, Martiniquaises

    Je fais un appel au secours, nous sommes entrain de rentrer dans un processus extrêmement dangereux pour l’avenir de la Martinique. Les appels systématiques à la haine du béké et donc par voix de conséquence au blanc puisque non reconnaissable a moins d’en arriver a mettre une étoile jaune a leur bras, sur tous les medias, vont entrainer dans peu de temps un point de non retour. A ce moment là nous ne pourrons plus reconstruire la Martinique.
    La propagande veux que 4000 békés (femmes, enfants, retraites, chômeurs, salariés compris) gèrent les Martiniquais soit 400 000 habitants, ceci n’est pas possible, ca voudrait dire que chaque béké (femmes, enfants, retraites, chômeurs, salariés compris) ont chacun 99 employés à leurs ordres. Va-t-on laisser longtemps la xénophobie, le racisme apparaitre à chaque coin de rue ?
    Il faut arrêter ce processus, nous ne nous en relèverons pas. Nos enfants sont en danger. Les événements d’hier sont extrêmement graves il y a eu un tri raciale, du raquette, des injures, des molestations. Les processus semblables se sont déroulés dans des pays voisins et dans l’histoire, regardez le résultat aujourd’hui. La Guadeloupe est entrain d’atteindre le point de non retour avec des propos graves qui révèle le but final du LKP. Veut-on en arriver là, est ce que nous souhaitons cela pour la Martinique ?
    Une revendication juste et compréhensible n’excuse en aucun cas le déroulement des événements d’hier et d’avant.
    Je suis très inquiète quand à l’avenir des blancs en Martinique et de chaque noir qui entreprenne, c’est un cri, une demande de prise de conscience de chaque Martiniquais, et Martiniquaise de ne pas mettre sur le compte de la couleur de peau des problèmes que vivent touS les pays touchés de plein fouet par la crise, de ne pas exacerber les tensions.
    Pensons à nos enfants, quelle société voulons-nous construire pour eux ?
    Pensons à demain, quelle société voulons-nous pour nous ?
    Est-il normale, pour tous ceux qui entreprennent en Martinique, de laisser dire que le blanc est le seul à avoir la capacité d’entreprendre, et donc par voix de conséquence que le noir en est incapable ? (quelle injure pour notre intelligence)
    Est-il normale de mettre des enfants dans la rue à scander des chansons xénophobes et racistes ? (quel exemple leur donne-t-on ?)
    Est-il normale que les entrepreneurs et essentiellement des cultivateurs n’aient pas le droit de crier leurs désarrois quand à l’avenir de leurs entreprises et de leurs emplois en péril ?
    Est-il normal que le gouvernement ne soit pas sensible aussi aux problèmes de la majeure partie des Martiniquais et Martiniquaises ?
    Que doit-on faire pour arrêter ce gâchis ? qui de plus ne fera rien pour arranger notre société.
    Combien de larmes devront nous verser quand tout ceci aura atteint le fameux point de non retour ?
    S’il vous plait entendez mon cri, réagissez ne laissez pas s’instaurer un climat de terrorisme et de haine.
    Vous membre du collectif arrêter ce gâchis arrêtez ces appels à la haine, il ne peut y avoir que du malheur en prônant de tels arguments.
    Une Martiniquaise.

  7. erosphiliaagape le

    Lorsqu’il n’y aucun sens visible à tous dans une action mener par un groupe de personnes, lorsque seulement le résultat est la destruction, la haine et non-respect

    des droits de l’homme sont au rendez-vous, seul l’argent, le pourvoir et la politique explique TOUT ces non-sens qui vont à l’encontre d’une humanité saine,

    positive. Cela empêche l’ascension de tous un chacun sauf bien sur pour les bénéficière du résultat, parce que il y a TOUJOURS et au moins UN gagnant dans un

    COMBAT.

    Il n’y a aucune situation complexe, mais que des manipulateurs de foules, aidés des médias, qui rappelons le font de la VENTE de PRODUITS, articles de presse,

    Reportages, dans le même esprit que le commerce, plus de ventes plus de bénéfices, mais avec un résultat en fait peu intéressant pour eux :

    Haine, destruction, ECT . . .

    Sans Amour il n’y a que cette Haine, alors aimons nous pour pouvoir aimer les autres.

    Eros, philias, agapé.

    G.J.M.J

  8. Mon Cher Roger de Jaham, Bonjour.
    Le poème d’Olivier de Reynal a retenu toute mon attention.Comme tous les poètes Olivier de Reynal est un artiste, et un artiste par définition laise parler son coeur.En realité pourquoi tant de haine. Le discours tenu par A H Despointes a rajouté de l’huile sur le feu. Il aurait pu se renseigner avant de prononcer ces phrases malheureuses . Ah la Haine. C’est vrai qu’i faut lutter ensemble pour notre avenir commun. « Ensemble nou pli fô » dit la chanson. Cela dit, Matinik Cé Pas Ta Nou. Cé ta les Amerindiens. Donc le mot d’ordre »An band bétché volè… » n’a aucun sens, et comme le dit MH Leotin,Universitaire agrégée d’histoire, « celui qui répète ce mot d’ordre n’a rien compris dans ce combat qu’il faut mener. » Tu peux me croire MH Leotin n’est pas la seule à le penser et à le dire très fort. En fait nous devons tous lutter contre la vie chère. C’est tout. Les écoles les formations les facs sont ouvertes à tout le monde ! … Ici où ailleurs.
    Les chiens aboient la caravane passe. Bon courage à bientôt ,Amitié.
    PS. avant que je n’oublie, gallinacés est un mot masculin pluriel. Donc … tous les gallinacés de la terre …

  9. Bonjour à tous,

    Je reçois le poème d’Olivier de Reynal comme une confession inachevée. Tout ce qui se conçoit s’énonce ….hors pression- je regrette d’avoir à penser qu’Il a fallu ces évènements pour que nous partagions cette confidence d’Olivier (n’y vois ni condescendance ni familiarité, nous appelons le fils de dieu par son prénom). L’évocation de ce pays qui est nôtre, à tous, demeure idyllique – il est vrai que ses charmes apparents et ses plaies dissimulées sous une factice évolution inclineraient au lyrisme, sauf que la réalité est toute autre. Nous n’avons jamais été aussi éloignés les uns des autres – je redoute que la faïence des yeux du chien ne reluise plus aussi intensément pour supplanter encore les feux de la discorde latente. Je rejoins Tony Delsham dans « sa précison » suite à « sa confrontation entre békés nègres et mulâtre est-elle enclenchée », on ne peut pas être dedans et dehors à la fois- On est ou on n’est pas martiniquais – Dans la ronde bèlè, j’ai marqué le pas avec des « zoreys » …. Ce disant, je réalise que la présence d’un béké dans ce milieu semblerait incongrue et pourrait paraître même une forme de provocation pour certains ; ET C’est ce QUE JE DEPLORE.

    Je n’aurais jamais croisé un béké ailleurs que dans les sphères officielles (profession, administrations, institutions) si l’audace et la recherche d’une forme de quiétude pour mon pays ne m’avaient amenée à « Tous Créoles ».

    Et puis les chroniques de H.Petitjean-Roget, les analyses de Jean Benoist et Edith Baudoux-Kovats nous éclairent sur les difficultés d’être békés dans la grande famille béké, selon qu’on soit « grand béké », « griyav », « ti blanc » ou « bitaco ». Tant de complexité dans un si petit pays nous invite à plus de visibilité et de perméabilité – la pétition contre la pensée unique chez les békés frise le mea-culpa sinon un ‘pran douvan » tandis que chez les nègres, la hiérarchisation du type a commis tant de dégâts (vié neg, môvé chaben, chabine pwel si, bozanbo, kouli manjé chien..).

    Relisons ensemble « l’entrebaillement de la porte » de Suzanne Dracius. La Martinique à laquelle j’aspire s’apparente dans la symbolique à ce fameux rond-point de Ste-Marie où convergent tous les créoles.
    A bientôt
    Félicia