Propos de Lilian THURAM

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Nous reprenons ici, dans le désordre, quelques propos plutôt constructifs et réalistes de Lilian THURAM, dans le cadre de la présentation de son ouvrage « Mes étoiles noires« .

« C’est vrai que la façon dont on m’a appris l’esclavage laisse penser que c’était une confrontation entre Noirs et Blancs. Or l’esclavage était avant tout un système économique. Au moment où il y a l’esclavage aux Antilles, en France, il y a le servage qui est aussi une exploitation de l’homme par l’homme sans être une question de couleur de peau. On ne l’explique pas assez. Il faut avoir l’intelligence de comprendre que l’âme blanche, le peuple blanc ou la pensée blanche n’existent pas plus que l’âme noire, le peuple noir ou la pensée noire. Il n’y a pas de fardeau blanc et il n’y a pas d’intelligence blanche… »
« Chacun de nous a des préjugés. Nous sommes éduqués à en avoir. Nous sommes issus d’une éducation qui vient du 19ème siècle, où régnait la hiérarchie des ‘races’. Où l’homme noir était le chaînon manquant entre le singe et l’homme blanc. On ne naît pas raciste, on le devient. Tout est question d’éducation. Si vous avez été conditionné d’une certaine manière, vous n’échappez pas à votre éducation… Il faut absolument enseigner aux jeunes à ne pas tomber dans la victimisation. Si vous y tombez, vous allez chercher les coupables, et c’est un cercle infernal. Si vous y tombez, vous n’allez pas avancer. Et parfois même, certains vont s’y complaire… C’est fondamental d’avoir le courage de questionner la société et de ne pas penser que les choses arriveront toutes seules. Il y a toujours des blocages, mais si chacun de nous parle de ces problématiques, les choses iront plus vite qu’on ne le pense. Par contre, si on dit que ça n’existe pas, il n’y a rien faire … Ca existe. C’est le fruit de l’Histoire. »
 
Autres propos à noter du même Lilian THURAM : « C’est vrai que la façon dont on m’a appris l’esclavage laisse penser que c’était une confrontation entre Noirs et Blancs. Or l’esclavage était avant tout un système économique. Au moment où il y a  l’esclavage aux Antilles, en France, il y a le servage qui est aussi une exploitation de l’homme par l’homme sans être une question de couleur de peau. On ne l’explique pas assez. Il faut avoir l’intelligence de comprendre que l’âme blanche, le peuple blanc ou la pensée blanche n’existent pas plus que l’âme noire, le peuple noir ou la pensée noire.  Il n’y a pas de fardeau blanc et il n’y a pas d’intelligence blanche. » http://www.fxgpariscaraibe.com/article-lilian-thuram-46096273.html
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5 commentaires

  1. Je crois qu’il faut cesser de se voiler la face: si nous voulons « vraiment » avancer, ensemble, il ne faut pas nier  » l’Histoire ». L’esclavage des Noirs par l’Occident même s’ il a aussi pour fondement des raisons économiques a une connotation « raciste »:c’est L’Homme Noir qui est désigné « objet ». Le servage reconnait la dimension humaine du serf. Ce n’est pas le cas du système esclavagiste, basé sur l’humiliation, la barbarie et la deshumanisation de l’Homme Noir et seulement de l’Homme Noir. Pourquoi?
    Aujourd’hui, il faut, si nous voulons éviter que cela ne se reproduise, reconnaitre ces méfaits et leurs auteurs. Il faut demander pardon, réparer pour exorciser et enfin nous pourrons nous réconcilier pour un mieux vivre ensemble. Cette Histoire  » atroce » est la nôtre : Blancs et Noirs, sachons l’assumer pour aller de l’avant!
    Je crains fort qu’en voulant nier l’Histoire coloniale de la France, nous parvenions seulement à exacerber les rancoeurs et les souffrances. Le baume qui apaisera la « douleur » de l’Homme Noir, est le pardon qui viendra après la reconnaissance. J’en suis convaincue!
    C’est aussi, lui qui permettra à l’Homme Blanc de s’absoudre de ce lourd passé!
    Alors, courage! affrontons nos « démons » pour définitivement les « abattre ».

  2. C’est pour cela qu’il faut parler de traite négrière et non d’esclavage quand on veut être précis pour ce qui concerne l’esclavage des africains. Qui, qu’on le veuille ou non, était un esclavage particulier où l’esclave était bien meuble. Ce n’était pas le cas des esclaves grecs ou romains, par exemple.

  3. Je suis outré par les propos de Thuram sur l’esclavage qu’il veut associé à un système économique, comme si le fait qu’un acte rentre dans une logique économique l’absout totalement de ses dérives négatives! On est aujourd’hui en 2012 entrain de vouloir refondre le système économique parce qu’on trouve à juste titre qu’il n’est pas sain pour ne pas dire pervers.
    Les tour-opérator qui transportaient des pédophiles notoires en Asie du sud-est pour que ceux ci aillent assouvir leur vice sur de jeunes enfants de 8 ans, ça vous dit quelque chose monsieur Thuram? Qu’un footballeur malaisien (parce qu’il aura gagner la coupe du monde) se lève dans 2 siècles et qu’il annonce au monde entier que le tourisme sexuel relevait d’un système économique, j’ose penser que vous serez choquer par ses propos (c’est que vous ne serez plus là), alors de grâce à chacun son domaine, vous avez été très intelligent des pieds, il n’y a rien à dire là dessus, mais ne vous risquez pas dans des domaines que vous maîtrisez mal ou pas du tout.
    Il n’ y a aucune excuse sur l’esclavage. Les livres de comptabilité des nations occidentales peuvent être consultés au delà de 3 siècles, autrement dit on sait exactement le capital humain qui a été prélevé en Afrique Noire, tout comme les richesses de ces régions, il est aisé de les quantifier et de demander des dédommagements de tout ou partie de ces crimes et vols, une idée! en annulant purement et simplement les pseudo dettes dont les pays colonisés sont censés devoir aux pays colonisateurs…
    Alors Mr Thuram l’esclavage était un système économique pour les esclavagiste je vous le concède, mais pas pour les esclaves. Et vous êtes le descendant de ces produits mercatiques, cautionner ou essayer de justifier cela c’est insulter la mémoire de vos parents, de vos ancêtres et de toutes les personnes qui ont subit de près ou de loin votre « système économique ».

  4. Je ne comprends pas que l’on résume l’esclavage à une relation Blanc/Noir. Les propres africains NOIRS n’étaient-ils pas ceux qui réduisaient (réduisent encore aujourd’hui) leurs « frères » en esclavage avant de les vendre comme des « meubles » aux négriers ??? Combien de milliardaires en haute Volta, Guinée, Sénégal etc … qui ont bâti leur fortune et leur pouvoir depuis des siècles en vendant leurs frères aux négriers ? Et personne ne leur demande des comptes?

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