Henry SIDAMBAROM, défenseur de la cause des travailleurs indiens

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Henry SIDAMBAROM et son épouse Juliette

Dans la série des portraits de grandes personnalités créoles, nous publions ici celui d’Henry SIDAMBAROM, Indien de la première génération née en Guadeloupe. Ce précieux témoignage a été recueilli et enregistré par Francis PONAMAN et Rhold PÉLAGE en juillet 1989 à Capesterre de Guadeloupe, auprès d’Hubert SIDAMBAROM, dernier fils d’Henry SIDAMBAROM ; ce document nous permet de partager une des facettes de notre créolité, si riche de par sa diversité.

Quand Joseph SIDAMBAROM naît en 1840 à Kombakonam, dans le pays tamoul de l’Inde du sud, il est le dixième des dix garçons d’une famille de la caste des « Poullé ». Dernier petit frère, il devient vite le souffre-douleur des autres et pour ce motif, il mûrit très vite la décision d’embarquer sur un de ces navires d’émigrants qui partaient paraît-il loin des souffrances et des humiliations, en direction d’un Eldorado inespéré. Il n’a que 14 ans, réussit à s’introduire clandestinement dans ce « coolie-ship », mais juste avant le départ du navire, le Commissaire du bord le découvre et il est débarqué manu militari. Moins d’un mois après, le navire « l’Aurélie » est en partance pour la Guadeloupe, et avec la complicité de certains, il se cache sur ce navire. Cette fois la tentative réussit et plusieurs semaines plus tard, il débarque à la Pointe-à-Pitre.    

Un blanc-propriétaire, du nom de Marc BONAFÉ, tenant l’Habitation Grand-Rivière à la Capesterre, I’ engage sous contrat de 5 ans, mais il est trop jeune et physiquement ne peut travailler dans les champs de cannes, alors il est de suite affecté aux divers travaux de la maison d’habitation. Cinq années s’écoulent, il perçoit le montant de son contrat d’engagement qui a expiré, et prend alors en colonage I’Habitation Source Pérou. Il y cultive la canne, et bâtit près de la source une petite maison. La rentabilité de son exploitation à laquelle il consacre toute son énergie lui permet de prendre pour épouse une indienne originaire de la même région que lui. Il a 20 ans quand, le 5 Juillet 1863, sa femme donne naissance à un garçon qu’ils prénomment Henry.    

En 1867, son exploitation marche si bien qu’il décide de faire I’ acquisition de la propriété Scapamont à Cambrefort. Cette propriété appartenait à Mademoiselle Camille-Aimée, Baronne de Cambrefort, mariée en premières noces au Duc de Ganville et en deuxièmes à Aubert du Petit-Thouars, vice-amiral de la Marine française. ll laisse la maison de Source Pérou et vient habiter la maison de Scapamont. Un an après, en 1868, le petit Henry SIDAMBAROM va déjà à l’école du bourg de la Capesterre. Il se révèle un élève intelligent et hors série, et à 7 ans, son père I’envoie à la Pointe-à-Pitre, dans l’Institution des Frères de Ploërmel. Là, il gravit les échelons, et en devient rapidement le plus brillant élève. On est en 1880, il a l7 ans quand sa mère meurt à l’âge de 37, ans emportée par une broncho-pneumonie. Son père, profondément affecté, est désemparé, au point qu’Henry soit obligé d’abandonner ses études. Il ne lui est pas difficile de trouver à Basse-Terre un emploi stable dans l’administration : il est nommé Commis au Bureau Central de I’Immigration. Après un assez long séjour, il a pu déjà marquer sa place : il aime la politique, c’est un assidu des débats du Conseil Général. Il disait que la plus belle époque de sa jeunesse a été ces quatre années passées à Basse-Terre. Bien affûté, il décide de laisser Basse-Terre et fait élection de domicile à Pointe-à-Pitre, en s’orientant vers le commerce et prenant la direction d’une importante maison que venait de créer un de ses parents.    

En 1882, Henry se marie à une indienne née à Capesterre du nom de Juliette NAREMBIN. De cette union naquirent cinq garçons et deux filles. « De ces sept enfants il ne reste plus que le dernier, moi-même Hubert » (décédé en 1992, note de Jude SAHAÏ).    

Tandis que son père Joseph continue d’exploiter la canne à Cambrefort, Henry se fait rapidement remarquer à Pointe-à-Pitre. Inscrit au parti de LÉGITIMUS il écrit dans le journal « La Vérité », organe de son ami Léopold DORVAL, est candidat aux élections municipales de juin 1897, et est élu avec 881 voix sur Ia liste de Charles DANAË. Au Conseil Municipal il joue un rôle en vue. Ses interventions témoignent, en même temps qu’un pur républicanisme, une documentation sûre et précise sur toutes les questions, mais pour les âmes élevées il est un bien qui n’a pas de prix sans lequel la vie, même la plus opulente, ne peut satisfaire les nobles aspirations d’Henry SIDAMBAROM, c’est l’indépendance. Alors Il refuse d’être candidat aux prochaines élections cantonales.    

Malgré toutes les séductions de la ville, en 1899 il va se fixer définitivement dans sa commune natale de la Capesterre, ayant décidé de travailler pour son propre compte. En 1900, il construit sa maison dans le bourg, ouvre une épicerie et un magasin de matériaux de construction.    

En cette même année, M. Henry LACAZE-POUNCOU, propriétaire de l’usine Marquisat et de toutes les propriétés plantées en canne autour, meurt d’une congestion cérébrale. Il avait contracté un prêt de 375 mille francs au Crédit Foncier de France, qui donna ordre d’apposer des scellés sur tous les biens de M. LACAZE. Il a été ordonné à la barre du Tribunal de Basse-Terre de vendre l’usine Marquisat et toutes les propriétés afférentes. Henry SIDAMBAROM veut se rendre adjudicataire pour la somme de 375 mille francs, soit le montant de la mise à prix. L’avocat du Crédit Foncier de France veut obliger Henry SIDAMBAROM à verser le montant de I’adjudication sous huitaine, en numéraire ou en bons de la Nation, sinon la vente serait immédiatement nulle pour cause d’insolvabilité notoire. Il fait appel du jugement en attendant de Paris son argent. Demandant à son avocat  la date à laquelle l’affaire sera appelée devant la Cour d’Appel pour présenter lui même son mémoire en défense, Maître BEVILLE lui dit que l’affaire a été déjà appelée, la Cour a confirmé le jugement et il apprend qu’il a été trahi : SIDAMBAROM voit, avec tristesse, I’usine Marquisat devenir la propriété du Crédit Foncier de France. Évidemment c’était trop d’audace de la part d’un homme de couleur à cette époque !    

« Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ». On est en 1904, mon père est tête de liste aux élections municipales de la Capesterre, sa liste triomphe au premier tour du scrutin. Huit jours après, les 26 colistiers viennent chez lui le dimanche matin et là il est convenu d’un commun accord  que c’est lui qui sera élu Maire. Juste après ils se dirigent à la mairie pour concrétiser ce choix à bulletins secrets : il est encore trahi, c’est Céleste ANATOLE qui est choisi. Le lendemain, mon père donne sa démission, et décide cette fois de lutter contre l’Administration Coloniale qui lui conteste désormais ses droits électoraux, ainsi qu’à ses congénères. Le fameux « procès politique » commence. En 1910, il fonde une société de secours mutuel « l’Obole du Travailleur». En 1912, il construit, toujours à la Capesterre, un cinéma-théâtre de 300 places, et une boulangerie-coopérative.    

À la Pointe-à-Pitre en 1883, il fut maçon à la Loge des Disciples d’Hiram. À la Capesterre, en 1904 il est Président de la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen. Enfin, au soir de sa vie, il rend un dernier service à la Chose Publique. Dans des circonstances difficiles, triste legs de la dernière guerre, il accepte de remplir les fonctions de Juge de Paix à la Capesterre et s’acquitte de cette tâche délicate avec un tact, une compétence auxquels tous ont rendu hommage. Pendant 63 ans il vécut au milieu de ses concitoyens pour Ie plus grand bien en tenant le trésor de ses connaissances à la disposition de tous. Que de services ainsi rendus pendant plus d’un demi-siècle, avec comme point d’orgue ce procès historique pour défendre les fils d immigrants indiens nés en Guadeloupe qui se voyaient contester leurs droits de citoyens. Henry SlDAMBAROM, juriste qualifié, prend la cause en main et le procès dure 20 ans, avant la victoire de la justice et l’équité. Sa victoire est un exemple pour ceux qui aiment les vertus de l’effort. En 1948, le Conseil Municipal de Capesterre et le Conseil Général votent une motion commune demandant qu’il lui soit décerné la Légion d’ Honneur. Le destin en a voulu autrement, le 21 Septembre 1952.   

Henry SIDAMBAROM est surtout connu pour la conduite du « Procès Politique » en vue de l’acquisition des droits civiques des « fils d’Hindous nés à la Guadeloupe ».    

En février 1904, la Commission de Révision de la Liste électorale de Capesterre maintient l’inscription de plus de 100 électeurs Indiens et plusieurs fils d’Africains sur ladite liste et rejette la demande de radiation de l’administration. Le Gouverneur de la Guadeloupe fait appel de cette décision et le 23 février 1904 débute le procès.    

Le Tribunal de Paix de Basse-Terre prononce le 27 juillet 1904 le jugement qui ordonne au Maire de La Capesterre de faire radier les susnommés de la liste électorale de ladite Commune.    

 En juillet 1905, Henry SIDAMBAROM intervient alors directement auprès du Gouvernement français. Il est soutenu par le Sénateur CICÉRON, et GERCILLE-RÉACHE, Député de la Guadeloupe. Le Ministre des Colonies CLÉMENTEL répond : « La question soulevée par SIDAMBAROM est des plus délicates à résoudre, et intéresse également tous ceux qui ont la même origine que lui ». Il transmet ce dossier au Ministère de la Justice pour étude, et le 21 avril 1923 Monsieur POINCARE, Président du Conseil des Ministres, tranche après environ vingt ans de combat légitime. Les travailleurs indiens ont enfin acquis leurs droits civiques.   

En savoir plus : Gilbert Francis PONAMAN 

Chercheur en ethno-histoire, diplômé de l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), directeur du CERIAA (Centre de Recherche et d’Études sur l’Indianité aux Antilles et aux Amériques), Gilbert Francis PONAMAN est appelé le « Père de l’Indianité Créole ». 

Dès 1974, il crée le périodique Le Soleil Indien qui va officialiser le mouvement indianiste aux Antilles. 

L’indianité telle qu’il la conçoit vise à sauvegarder la mémoire des anciens, à faire découvrir les « nadrons », ces longues soirées de chants épiques contant les légendes des dieux et des déesses de l’Inde, à initier et développer la pratique de la langue tamoule, à valoriser le culte indien transplanté dans les îles, à montrer la richesse culturelle de l’Inde, civilisation millénaire. 

Toutefois, Gilbert Francis PONAMAN, en revendiquant sa culture indienne, tient à l’associer à sa qualité de Guadeloupéen et de Martiniquais d’adoption, et insiste pour que l’influence indienne soit reconnue comme une composante de l’antillanité devenue aujourd’hui créolité.

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7 commentaires

  1. Du beau travail de recherche et de conservation! Il en faut d’autres sur tous nos grands hommes caribéens.L’enregistrement a-t-il été filmé?

    Véronique V.

  2. C’est un vrai paradoxe, choquant, qu’un tel article soit publié par les héritiers de Despointes, petit fils d’esclavagiste, ceux-là même qui firent jadis barrage à Sidambarom de manière si perverse et cachée ? Quant à M. Sahaï il n’est plus à une duplicité près mais on le savait déjà… Hélas, le grand Sidambarom doit se retourner dans sa tombe !

  3. Bonjour, « Vrai créole » anonyme

    Ainsi, selon vous, tout doit rester figé ? Si M. Henry SIDAMBAROM s’est opposé à quelqu’un au 19° siècle, cette opposition entre clans devrait donc perdurer encore au 21° siècle, sans tenir aucun compte de l’évolution personnelle des uns et des autres, ni de l’avancée de notre société antillaise ?

    C’est faire preuve de peu d’humanité, que de prôner ainsi une haine inter-générationnelle ! Ce n’est certainement pas de vous que viendront l’apaisement ni l’entente pour nos enfants.

    D’autant plus que notre association regroupe des membres de toutes les communautés composant la mosaïque créole d’aujourd’hui, faite de descendants d’esclaves et de descendants d’esclavagistes. Mais cela semble vous dépasser, arc-bouté que vous êtes sur un passé révolu.

    Quant à M. Jude SAHAÏ, il a d’autres préoccupations que celle de vous répondre : il est actuellement aux archives nationales d’Aix-en-Provence et de Paris, pour préparer la stèle qui sera érigée en janvier 2011 à Calcutta, en hommage à tous les travailleurs indiens émigrés, à l’endroit même des dépôts de départ. Une façon d’honorer notamment le Grand SIDAMBAROM. Voilà qui est plus noble et plus constructif que de s’opposer et de s’insulter.

    Sentiments créoles

  4. Pillay Chedumbrum le

    je suis Mauricien d’origine de sud de l’inde. j’habite dans le centre de l’ile ,lieu dite Quatre Borne. Qui veut me faire s’avoir plus de Guadeloupe et les habitant d’origine indien surtout du sud de l’inde merci

  5. Les Indiens de Guadeloupe

    Après l’abolition de l’esclavage par Victor Schoelcher (1804-1893), les anciens esclaves devenus libres désertent les plantations. Cette fuite massive provoque la chute de la production sucrière.Les planteurs font appel à la main-d’oeuvre étrangère (Portugal, Japon, Chine). C’est un échec. Les travailleurs ne s’adaptent pas aux conditions difficiles de travail. Le recours à la main-d’œuvre indienne s’impose puisque la France possède cinq comptoirs: Pondichery, Karikal, Mahé, Yanaon, Chandernagor au Bengal.
    Le gouvernement français par les décrets du 13 février et du 27 mars 1852 décide de réglementer l’immigration à destination de ses colonies et signe des traités avec des compagnies maritimes.
    Le 25 avril 1855, la Société d’Immigration de l’Inde Française est créée afin d’organiser le recrutement et le voyage des Indes vers les colonies françaises. La convention franco-anglaise de juillet 1861 dans son article 1 autorise la France à recruter à travers toute l’Inde.
    De l’Inde aux Antilles, le voyage durait 90 jours avec des escales à Maurice, à la Réunion, et très souvent au Cap et à Sainte-Hélène.
    Du premier navire l’Aurélie, arrivé dans la nuit du 24 au 25 décembre 1854, au dernier convoi le Nantes-Bordeaux, arrivé fin janvier 1889, environ 45 000 émigrants Indiens furent introduits en Guadeloupe.
    Le gouvernement britannique par arrêté du 6 décembre 1888 met fin de façon unilatérale à l’immigration indienne à destination des colonies françaises.

    Les Indiens de Guadeloupe ne viennent pas tous du Pays Tamoul. La révolte de Cipayes contre le pouvoir britannique en 1857 fut férocement réprimé. Beaucoup fuiront le Nord de l’Inde, tandis que certains – parmi lesquels des soldats indiens (cipayes) pour échapper aux représailles, choisissent de s’embarquer pour les Antilles; ils partiront par le port de Calcutta.

    Contrairement à ce qui a souvent été avancé, les Indiens de Guadeloupe et de Martinique ne venaient pas toujours des castes les plus basses. Des Brahmines (caste des prêtes, la plus haute en Inde), des Kshatryas (caste des rois, princes et guerriers) fuyant l’oppression britannique, osèrent braver la malédiction du « Kalapani », la malédiction des eaux noires. Mais la foi, la certitude qu’une vie meilleure les attendait ailleurs, les incitèrent à défier le mythe. C’est donc à bord des navires que va se créer LA communauté indienne, au-delà des barrières de castes, de langues, de régions et de religions.

    Une fois arrivés en Guadeloupe, les Indiens étaient placés en quarantaine avant de rejoindre les habitations. On retrouve aux abords des plantations des sanctuaires célébrant le culte de Maliémin (ou Mariémin), Madouré-Virin (ou Madévilin), Nagoumila et Kalimaï. Ce syncrétisme religieux, hindouisme créole, va devenir le point d’ancrage de la communauté indienne de Guadeloupe.
    Longtemps condamnés par la société guadeloupéenne fortement catholique, les rites indiens furent souvent incompris et associés à des formes de rituels magiques obscures. On observe fort heureusement depuis quelques années une reprise de la pratique du culte chez les jeunes, réaffirmant ainsi leur identité et leur héritage indien en terre créole.

    Gilbert Francis PONAMAN

  6. Mme SIDAMBAROM Camille le

    21 septembre 1952 – 21 septembre 2011

    IL Y A 59 ANS disparaissait HENRY SIDAMBAROM à Capesterre Belle-Eau (Guadeloupe)

    En ce jour anniversaire de la disparition de mon grand-père. Henry SIDAMBAROM que j’ai bien connu ,(je m’en souviens comme si c’était hier) ce jour là une foule immense était rassemblée à la Rue de la Liberté devant sa maison.

    Sa dépouille mortelle fut saluée par un éloge funèbre prononcé par M. Auguste SAINTE-LUCE adjoint au maire de Capesterre Belle Eau
    Aujourd’hui j’ai une pensée affectueuse pour mon grand-père, et Je suis très touchée de votre fidélité à sa mémoire.
    C’est avec beaucoup de satisfaction que j’ai constaté que les responsables d’Association ont fait un excellent usage des photos et tous les documents que je leur ai transmis concernant mon grand-père. en les publiant.

    La création du Comité Henry SIDAMBAROM dont mon frère JACQUES SIDAMBAROM est le Président a permis de perpétuer la mémoire de ce grand Homme.

    Je souhaite que dans l’avenir ses idées survivent et poursuivent leur chemin, tel le grain jeté aux quatre vent germe, pousse, et engendre des moissons.

    Merci
    Camille SIDAMBAROM

  7. Mme Camille SIDAMBAROM le

    Réponse à M. PILlAY CHEDUNBRUM

    De nombreux ouvrages pourront vous documenter sur l’histoire des G.O.I. (Guadeloupéens d’Origine Indienne)

    Le premier ouvrage qui a mis en exergue l’existence et la provenance des indiens en Guadeloupe est celui écrit par mon grand-père HENRY SIDAMBAROM, dans lequel il relate le long procèsqu’il a intenté à la FRANCE

    Cette brochure relate son action : les correspondances échangées de 1904 à 1923 avec le ministre des colonies, et ses amis députés de la Guadeloupe. Il s’intitule « PROCES POLITIQUE Henry SIDAMBAROM ».

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