Paul VERGÈS : un Créole à la présidence du Sénat !

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Le Réunionnais Paul VERGÈS a présidé la première alternance au Sénat de la République française, sous la Cinquième république.

Cet insigne honneur, qui était dû au doyen d’âge de la Haute assemblée, a permis à ce Créole de 86 ans de prononcer un discours d’une grande profondeur, qui lui valut une « standing ovation » unanime de la part de tous ses collègues. Paul VERGÈS s’est montré à la hauteur de ce moment historique.

Jean-Pierre BEL, élu au premier tour à la présidence du Sénat, s’est adressé ensuite à Paul VERGÈS en ces termes : « À cet instant, je veux me tourner vers notre doyen pour lui dire — pour vous dire, mon cher Paul Vergès — tout le bonheur, tout le plaisir, toute la symbolique aussi à vous avoir vu présider la séance d’installation. Je veux sincèrement vous féliciter de la profondeur de votre discours à l’instant. Les Outremers sont une des grandes richesses de notre République. Le souvenir de Gaston Monnerville (*), ici même, est là pour l’illustrer. Les Outremers seront un enjeu fort pour le Sénat, et leur prise en compte sera une exigence absolue ».

Paul VERGÈS a ensuite remis sa démission comme sénateur, afin de laisser sa place à sa suppléante, Gélita HOAREAU.

Nous vous proposons de lire ici l’éditorial de David CHASSAGNE, du newsweb CLICANOO.RE, édité par le Journal de l’île de la Réunion : http://www.clicanoo.re/?page=article&id_rubrique=190&id_article=298414

Lire aussi le discours de Paul VERGÈS sur son blog :http://blog.paulverges.fr/que-faire/seance-d%e2%80%99installation-du-senat-1er-octobre-2011-allocution-de-paul-verges-doyen-d%e2%80%99age

Lire aussi cet entretien de Paul VERGÈS accordé en 2008 à Patrick SINGAÏNY : http://www.touscreoles.fr/2008/12/29/conversation-avec-paul-verges/

(*) Gaston Monnerville est né à Cayenne, petit-fils d’esclave, le 2 janvier 1897 de Marc Saint-Yves Monnerville et de Marie-Françoise Orville. Des côtés maternel et paternel, la famille est originaire de Case-Pilote, commune de la Martinique.

Engagé volontaire dans la marine du 23 juin 1939 jusqu’à la formation du régime Pétain, il participe à la Résistance. Il prend contact avec le capitaine Chevance et entre dans le mouvement Combat sous le nom de « Saint-Just » en hommage à son oncle, Saint-Just Orville. Il proteste à Vichy contre les premières mesures discriminatoires qui frappent « les Juifs, les Arabes et les hommes de couleur ». Le maréchal Pétain répond de façon évasive ou dilatoire.

Il siège à l’Assemblée consultative provisoire. Le Gouvernement provisoire de la République française charge Monnerville de préparer le statut de l’Outre-Mer français.

En 1958, il joue un rôle important dans le retour du général de Gaulle au pouvoir en se rendant avec André Le Troquer à Saint-Cloud pour un entretien sur les modalités de l’investiture du général et le respect de la constitution.

Il conserve son mandat à la tête de la Haute Assemblée en étant président du Sénat de 1959 à 1968. Il aura ainsi présidé la deuxième chambre du Parlement pendant 21 ans, mais fut frustré qu’à quelques mois près, il n’ait pu devenir président de la République par intérim ; son successeur immédiat, Alain Poher, se trouvera amené en revanche à le faire par deux fois. Cependant, si une vacance du pouvoir avait été établie lorsque Charles de Gaulle quitta la France sans préavis ni annonce pour Baden-Baden le 29 mai 1968, il aurait pu assurer l’intérim de la présidence. (Wikipédia)

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