La saga des BLANCANEAUX

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Nous signalons ici l’existence d’un livre qui malheureusement n’est pas encore proposé à la vente, car son premier tirage, auto-édité à seulement quelques centaines d’exemplaires, était en fait destiné aux amis et à la famille de l’auteur. 

Philippe BLANCANEAUX, « Blanc-péyi » comme on dit dans l’île-sœur, a voulu raconter l’histoire de sa famille, de condition modeste, dans la Guadeloupe des années 1950-60. Précieux témoignage d’une existence simple, mais riche d’amitié, de rencontres et de partage.

On retrouve dans son ouvrage avec une nostalgie amusée la vie en ville au cœur d’une Pointe-à-Pitre sereine et paisible, le créole qui pimente tous leurs propos, le passage matinal des tinettes, le marché de la Darse, les changements d’air à Gourbeyre, les Peugeot 203, la cathédrale de fer, le théâtre-cinéma Renaissance, l’usine Darboussier qui enfumait l’alentour…

Le livre 1 de cette saga antillaise, intitulé « Les années d’insouciance », constituerait assurément pour nos sociologues et historiens une source précieuse et authentique sur la vie des « Blanc-péyi » de la Guadeloupe il y a un peu plus d’un demi-siècle. Nous espérons que Philippe BLANCANEAUX parviendra prochainement à l’éditer.

En attendant, nous vous en proposons ci-après un court extrait.

Lire aussi sur ce sujet : http://www.touscreoles.fr/2009/09/10/le-milieu-des-blancs-creoles-de-guadeloupe/

Philippe BLANCANEAUX (à gauche) avec son frère Carlos, membre de « Tous Créoles ! »

Le Moule

C’est toujours à la même époque que nos parents louaient pendant la période des vacances scolaires, une petite maison au Moule. Nous adorions nous y rendre ! Car avant toute chose, Le Moule était un paradis de la pêche. Cette petite maison créole en bois se trouvait à quelques pas de la plage de l’Autre-Bord. Elle se trouvait également très proche du centre du Bourg qui se trouvait de l’autre côté de la rivière d’Audoin où nous nous rendions parfois à pied. Mais notre lieu de prédilection était surtout la bordure de la rade du Moule qui est protégée par une jetée, un «môle» dont la forme ancienne faisait penser à un « moule », ce qui aurait été à l’origine du nom de ce petit village. Nos parents nous ont maintes fois raconté l’histoire de ce bourg, ancienne capitale de la Guadeloupe, de ces luttes éternelles contre les envahisseurs anglais dont une des dernières attaques en 1809 aurait tourné à un vrai désastre pour ces derniers. En effet, ils ne réussirent jamais à prendre une poudrière située près de la batterie. Sur la plage de l’Autre-Bord, il n’était pas rare à l’époque, lors de forts raz-de-marée de trouver quelques vieux ossements humains témoins de ces guerres répétées. L’abondance d’ancres anciennes et énormes dans cette petite rade, témoignait de l’activité intense qu’aurait connue ce petit port militaire et commercial. C’est donc sur la rive droite de cette rivière d’Audoin, en se dirigeant vers la plage de l’Autre-Bord, là où des cayes plates abondent que nous fîmes, mes frères et moi-même nos premières expériences de pêches sous-marines.

À vrai dire, nous étions encore bien trop petits pour faire de grandes plongées et ce sport consistait surtout à cette époque-là en l’observation à l’aide de masques sous-marins, de ces millions de petits poissons de toutes les couleurs qui habitaient ces rochers dans une eau chaude et d’une transparence incroyable. …/… 

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Un commentaire

  1. Maurice Pédurand vient de ma parler de votre livre. J’aimerai tant me le procurer, ça me rappellerai mes années en Guadeloupe (1954/1984) , où j’ai bien connu votre famille et tant de souvenirs me reviennent à l’esprit. La Guadeloupe est mon deuxième pays, et elle me manque. J’habite LA ROCHELLE, et suis dans ma 90ème année. Je suis la plus vieille SLAMEUSE de France

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