Femmes de mon île

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sculpture christian magloireChristian MAGLOIRE est un artiste martiniquais remarqué pour ses sculptures en bois aux silhouettes de femmes aux formes gracieuses d’instruments de musique expressives et suggestives. Il se livre aussi à l’écriture, et se déclare poète engagé. Christian MAGLOIRE nous propose ici un texte d’admiration à l’égard de nos femmes créoles : négresses, chabines, mulâtresses, brunettes, indiennes, békées, la plume de Christian MAGLOIRE les chante toutes et les sublime.

 

 

 Femmes de mon île
 
Quel plaisir, quel bonheur de voir ces  femmes de notre  île.
Fières de leur beauté, elles se carrent, se dandinent doucereusement
la démarche rythmée de déhanchements graciles
qu’elles offrent à notre vue, comme pour enivrer nos sens
déjà excités par la vision de leur voluptueuse danse.
 
Le port altier, un brin provocateur  nous invite à  poser sur elles un regard
sensuel et  inévitablement  concupiscent.
Et  quand surprises par notre air  admiratif, elles nous lancent inconsciemment
de leur corps  un bref et sec  coup de hanche, comme pour nous dire :
Vous avez bien regardé, bien vu ? C’est  bien ça !
en esquissant de l’épaule un geste qui dénude leurs sémillantes rondeurs
qu’elles impriment d’un léger roulis,  suivi d’un souple tangage,
dévoilant ainsi  leur discrète lascivité.
 
Au goût de chacun s’offre un choix d’incontestables beautés :
 
                   La belle Négresse, de l’exubérant balancement de son corps qui frétille,
étale le  charme de la  proéminence  de son assise,
elle  nous livre sans  fard  les atouts de ses formes pulpeuses,
et les douceurs tendrement   passionnées de  ses  sentiments.
 
La Chabine, aux dires  de tous, exhale son ardente délicatesse sauvage,
sa tumultueuse et chaleureuse affection exclusive.
Un peu tigresse, enjôleuse légendaire,
elle nous enveloppe mielleusement dans les frissons de ses étreintes.
 
La  Mulâtresse à la peau claire, enjouée,
la sensibilité à fleur de peau,  un peu puritaine, nous  cajole candidement.
Sans bruits, elle nous emporte dans le monde de sa douce tendresse.
 
Ha ! La Brunette.  De teint entre la Négresse et la  Chabine,
 comme la Câpresse légèrement métissée,
au caractère bien  trempé, avec  sa  peau sapotille, bronzée, cuivrée,  dorée,
aux traits fins d’une  vierge noire, tourmente vos nuits, vous noie dans la profondeur
De son regard  tantôt charnel,  tantôt sensuel,  tantôt  passionnel,  toujours piquant.
Elle vous fait sombrer dans les tourments des  plaisirs
Qui font grimper vos  libidineux désirs à des sommets inconnus.
 
L’Indienne, de son profil d’Aphrodite,  distante, fuyante,
réservée, nous  fera  voyager, tendrement, religieusement dans un  monde
soumis à ses attaches, et à ses rites.
Elle nous exprimera   sereinement son  dévouement.
 
La Béké, au  charme  discret, d’un sourire courtois et avec tact esquivera
vos compliments qu’elle croit  déguisés ou intéressés
 pour ne point se mêler des affaires des autres.
 
Ô ! Belles femmes de la MARTINIQUE ! Comment ne pas vous  regarder
et vous aimer ! Alors,
puissiez-vous compatir,  à  nos insignifiantes petites faiblesses culturelles,
à nos spontanés et involontaires petits détours  provoqués  par notre esprit   subjugué
par vos multiples charmes, dont nous  ne pouvons nous  empêcher de  chercher
 les secrets.                
 
Christian MAGLOIRE
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