Pour un « Jardin créole » de nos poètes, écrivains, penseurs, musiciens, artistes …

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En éditorial du N° 1573 de l’hebdomadaire Antilla daté du 15 août 2013, Henri PIED, directeur de la rédaction, a publié un texte sur la créolité dont la vision nous interpelle.

En effet, lors de l’assemblée générale constitutive de « Tous Créoles ! » le 9 novembre 2007, le docteur Henry LODÉON, membre fondateur de notre association, avait su émouvoir l’assistance par sa belle conception de notre société : « Un jardin créole, disait-il, est constitué d’un citronnier, d’un pied de piments, de cocotiers, d’un arbre à pain, d’un goyavier, de plantes aromatiques et potagères ; tous ces végétaux apparaissent en surface très différents entre eux. Pourtant, sous la terre, leurs racines s’enfoncent et s’entremêlent, partageant la créolité, cette culture, ce patrimoine commun ». 

Nous vous invitons à lire ci-après l’éditorial d’Henri PIED, qui n’est pas sans évoquer les propos d’Henry LODÉON.

Pour un « Jardin créole » de nos poètes, écrivains, penseurs, musiciens, artistes …

Dans ce journal, on trouvera des échos de l’ « année Aimé Césaire ». Avec l’interview accordée par le grand poète à Raphaël Confiant, un des initiateurs de « la Créolité », avec Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau, une créolité dont Césaire avait affirmé qu’elle « était un département de la négritude ».

On trouvera aussi l’interview que Césaire avait accordée à notre hebdo, en 1981, juste après le sérieux revers électoral que lui avait réservé les électeurs lors du vote à la présidentielle 1981, et juste avant que le triomphe de François Mitterand en France, ne lui ait assuré, enfin, une place politique de choix en Martinique…

Ces deux textes ont ceci en particulier qu’ils sont respectables à plus d’un titre.

L’interview de Ralph Confiant est une grande rencontre entre deux hommes de culture, car, il ne faut pas oublier que Confiant avait publié un livre, dont le titre est tout un symbole : « Aimé Césaire, une traversée paradoxale du Siècle ». Elle signifiait de la part des deux auteurs, le respect mutuel qu’ils se portaient, au-delà des divergences politiques ou culturelles qui les distinguaient.

La rencontre avec Antilla s’est faite à une période où n’ayant pas été encore consacrée par le pouvoir central, la parole de Césaire restait largement censurée ou minorée par les médias « officiels ». Là encore, notre journal avait continué sa trace, qui reste encore de donner la parole à tous ceux qui façonnent d’une manière ou d’une autre ce pays, même lorsque les pouvoirs officiels obligeraient à les plonger dans le silence…

Ceci dit, bien que nous marquions ainsi, à notre manière, cette « Année Césaire », on devrait se demander si on n’en fait pas un peu trop…

Tant de gens qui on vilipendé Césaire de 1936 à 1981, voire même plus tard, se transforment sans vergogne, aujourd’hui qu’il a disparu, en thuriféraires patentés… !

Pour notre part, nous plaidons et continuerons à le faire, pour « Un jardin créole de nos poètes, écrivains, penseurs, musiciens, artistes… » tant il est vrai que chacun participe, à sa manière, avec sa force, à notre réel et à nos richesses culturelles.

De Ti-émile, en passant par Ti-Ayoul, Césaire, Galfétè, Fanon, Monchoachi, Chamoiseau, Tirolien, René Ménil, Saint-John Perse, Sony Rupaire, Mona, Glissant, Jocelyne Béroard, Léon-Gontran Damas, Confiant, Khokho, Francisco, Fernand Donatien, Léona Gabriel, Marius Cultier, Malavoi… et cette liste si longue, longue comme un superbe collier, qui doit nous accompagner sans cesse et sans privilégier, outrageusement tel ou tel, tant il est vrai que le jardin créole ne peut vivre et survivre que dans la plus superbe des diversités…

Henri PIED, directeur de la rédaction du magazine Antilla

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