L’esclavage : hors des sentiers battus

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Georges THOMAS

Georges THOMAS

Enseignant aujourd’hui retraité au François (Martinique), M. Georges THOMAS nous a adressé ce billet qui invite à une analyse lucide et honnête autour de l’esclavage. Hors des sentiers battus, mais dans le droit fil de la vérité historique.

Un tri s’impose entre le mythe colporté chez nous et  la vérité historique. Une chose est sûre : l’affirmation selon laquelle « l’esclavage est une identité noire » est un mythe. « Le nègre est le damné de la terre » est un mythe. « L’origine de l’esclavage est occidentale » est encore un mythe.

« Le nègre est atteint de la maladie de la persécution » est une réalité historique. Vous connaissez cette anecdote concernant un Noir à son arrivée à l’université à qui l’on demande au moment de l’orientation : « Quelle branche choisissez-vous ? ». Il répondit du tac au tac : « Je m’assieds sur une chaise comme tout le monde. » Difficile de vaincre les complexes qui remontent toujours à la surface malgré le temps qui passe  sans laisser de trace (les jours immobiles).

La préoccupation principale dans toutes les civilisations depuis que l’homme existe est d’asservir l’autre dans l’objectif d’affirmer sa domination en obtenant de la main d’œuvre servile.

Les pyramides d’Égypte ont été bâties par des esclaves qui étaient en priorité des prisonniers de guerre dont aucune race ne fut épargnée.

La longue muraille de Chine plus connue sous le nom évocateur  de « long cimetière » car c’était un voyage sans retour, n’échappe pas à la règle générale.

À Athènes, un habitant sur deux était un esclave.  À Rome, à l’apogée de son empire, deux à trois millions d’esclaves de toutes origines et de toutes races vivaient sur le territoire.

À partir de la seconde moitié du 15ème siècle, l’Europe se tourne vers l’Afrique noire où la traite a déjà été expérimentée dans les guerres tribales traditionnelles et sera amplifiée par la demande occidentale et orientale du 18ème siècle.

Ainsi s’organise « le commerce triangulaire » : les bateaux partaient des ports européens chargés de marchandises destinées à acheter les captifs en Afrique, et revendus dans la Caraïbe, au Brésil, en Amérique.  Ces mêmes navires reviendront en Europe chargés de denrées coloniales (tabac, sucre, épices…). La traite négrière devient le premier grand commerce mondialisé.

La traite orientale organisée dans toute l’Afrique noire par les arabo-musulmans et leurs alliés noirs du 7ème siècle au 19ème  siècle auraient entrainé, d’après les estimations de l’historien Ralph Austen, la déportation de 17 millions de Noirs vers l’Arabie, l’Inde, le Maghreb ou la Chine. Personne n’en parle chez nous, on se demande pourquoi.

À la faveur du commerce triangulaire, les prisonniers de guerre étaient revendus aux enchères à qui pouvait les acheter, même aux esclaves noirs affranchis qui ne s’en privaient pas.

Quant aux tortures infligées aux esclaves noirs, on a fait pire dans les camps nazis à l’égard des juifs (de race blanche) ou dans les goulags soviétiques où le cannibalisme fit son apparition.

Le supplice atroce de la roue est pratiqué en France de même qu’en Angleterre. Quand on a les deux bras et les deux jambes brisés en morceaux et qu’on est plus qu’une loque humaine, on peut considérer que la mort est une délivrance.

L’esclavage du temps de la Rome antique était pire que l’esclavage du coton ou de la canne, car l’espérance de vie d’un galérien ou d’un gladiateur ne dépassait guère six mois d’après les chroniqueurs de l’époque. L’un comme l’autre étaient en priorité de race blanche. Les galériens étaient enchainés dans leur galère qu’ils suivaient dans la mort en cas de naufrage ou de défaite navale. Ils étaient condamnés à ramer, toujours ramer, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Non, le Noir n’est pas le damné de la terre.

Non, l’esclavage n’est pas une identité noire.

Non, l’occident n’est pas à l’origine de l’esclavage. Il n’a fait que prendre le relai transmis  par les Arabo-musulmans et leurs alliés noirs. L’occident est le premier à avoir aboli l’esclavage. Ce n’est qu’en 1920 que sera fermé au Maroc le dernier marché des esclaves et en 1960 celui d’Arabie Saoudite. Il ne faudrait pas tomber dans le piège qui a prévalu à Haïti, dont le but était de faire admettre que le Blanc était l’ennemi et le Noir l’ami. Faux. D’autant plus que si le Blanc tenait le cordon de la bourse, qui tenait la gueule du sac ? L’Africain.

L’esclavage a été pratiqué de tout temps. Il était toléré par l’Église et inscrit dans le Coran.

L’esclavage crime contre l’humanité ? À qui en incombe la responsabilité ? Il faisait partie des us et coutumes depuis que l’homme existe, et il n’est pas mort. Si tout le monde est coupable, personne n’est coupable.

Si l’horloge n’est pas bonne, c’est la faute de l’horloger donc du Créateur. « Copie à refaire » d’autant plus urgente que nous sommes sous la menace d’une guerre thermo nucléaire, qui risque de faire voler en éclats la planète entière.

Georges THOMAS,

Enseignant, Le François                                                           Lire ici un autre article de M. Georges THOMAS : http://www.touscreoles.fr/2014/04/03/devoir-de-memoire-devoir-dhistoire-devoir-de-silence/

A propos de la traite arabo-musulmane : http://www.touscreoles.fr/2014/03/07/le-genocide-voile-la-traite-negriere-arabo-musulmane/

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