Les violences dans les sociétés créoles

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LES VIOLENCES DANS LES SOCIETES CRÉOLES
Texte de Mme Livie Pierre-Charles

Eroll Nuissier - Tous Créoles

M. Erroll NUISSIER

C’est le titre d’une très intéressante conférence organisée le 4 mars dernier dans les locaux tout neufs du Centre de Formation de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique (C.C.I.M.) à Schoelcher, à l’initiative de l’Association TOUS CRÉOLES.

Celle-ci a sollicité un conférencier dont les compétences ne sont plus à démontrer dans le domaine de la psychologie de notre société, ébranlée par des scènes de violence.

En effet, Monsieur Errol NUISSIER, d’origine Antillaise est très connu dans le monde caribéen en raison de ses interventions et des ouvrages dont il est l’auteur.

Certains titres sont à cet égard très révélateurs :

  • Psychologie des sociétés créoles
  • Violences dans les sociétés créoles
  • Psychologie des comportements sexuels aux Antilles

Tous ces ouvrages sont, on le devine aisément, la résultante de sa longue expérience professionnelle, dans les fonctions de psychologue clinicien ; Expert près la cour d’Appel de BASSE-TERRE. Consultant en optimisation des ressources humaines.

Une foule dense avait pris place dans l’amphithéâtre ; foule multicolore, très attentive aux propos introductifs du Président Erick DEDE. Celui-ci n’a pas hésité à donner du relief à la mission de bonne entente, d’échange et d

e fraternité, qui sont autant de valeurs défendues par son prédécesseur, le regretté Président fondateur Roger de JAHAM, et constitutives du ciment qui forme le socle de l’association TOUS CREOLES.

Cette présentation étant faite, le conférencier s’emploie à l’aide d’une projection d’images, à décrire les mécanismes de divers types de violences et de conflits (ex : conflit cognitif, conflit relationnel, violence et agressivité etc.)

Sa riche expérience de praticien a vivement intéressé l’assistance qui découvrait là, les dessous perturbateurs d’une société, ce qu’illustrent notamment plusieurs types de violence : 

  • La violence faite aux étrangers,
  • Les violences de proximité
  • La violence des mouvements syndicaux etc. … etc. …

A travers toutes ces formes de violences, et il en existe bien d’autres, l’assistance aura compris que la violence nait d’une intention de détruire l’autre.

Puis, au cours des débats est apparue la nécessité d’aborder un autre type de violence, celle des groupes populistes.

  • Le populisme dit-il, se construit sur le développement de l’intérêt individuel exacerbé, au détriment de l’intérêt collectif.

Ce qui selon lui, saute aux yeux, c’est le simplisme voire l’indigence de la pensée populiste.

Deux exemples le prouvent :

  • En France hexagonale, certains estiment qu’il suffit d’expulser les étrangers pour que la prospérité s’installe.
  • Chez nous, d’autres affirment que la solution à tous nos problèmes passe par « l’attaque des békés ».

Les populistes désignent ainsi à la vindicte populaire avec une extraordinaire légèreté et ténacité, tous ceux qui à leurs yeux, les réduisent à l’état de victimes. Ce statut de victimes, légitime leurs actions de stigmatisation et d’agression.

Ce sentiment de victimisation, né de notre douloureux passé, balayé pourtant par des conquêtes constitutionnelles et institutionnelles (les dates repères étant 1848 puis 1946), à la demande expresse et insistante d’anciens colonisés (ex : les Francs Maçons) reprend de la vigueur grâce à la hargne de groupuscules déterminés à instrumentaliser l’histoire, au profit de leurs intérêts exacerbés, mais au détriment de l’intérêt collectif. Pour exister, ils ont besoin d’afficher une attitude revancharde et haineuse.

Ainsi agissent-ils comme des porteurs de violences déstabilisatrices pour notre société, cette action de déstabilisation étant d’ailleurs favorisée par d’autres facteurs comme par exemple le silence des intellectuels, et parfois aussi celui de l’Etat.

Pour notre malheur, tout se passe comme si les faits historiques – irréfutables certes – mais générés par un autre contexte, pouvaient être réintroduits avec efficience dans le contexte d’aujourd’hui, sans tenir compte de l’extraordinaire capacité créatrice de l’intelligence humaine, ayant secrété innovations et découvertes bien après 1848.

Dans ce cas, autant nous demander de réutiliser lampes à pétrole (vues dans le film « la rue case nègre) ou bien encore revenir à la marine à voile au lieu d’emprunter le Boeing !!

D’autre part que penser d’un adulte qui tenterait de revêtir aujourd’hui la « barboteuse » de sa petite enfance ?

Tentative impossible et proprement burlesque !! 

En réalité, ce qui manque à notre société d’aujourd’hui, c’est la prise de conscience que l’anachronisme est impuissant à vaincre la RAISON. Anachronisme et rationalisme sont incompatibles. La RAISON, cellule essentielle du rationalisme s’alimente à la source d’un réel, parfaitement analysé et débarrassé des scories de rancœur, parti pris, intentions biaisées.

De multiples disciplines (littérature, sociologie, histoire etc.) s’interpénètrent pour fournir à la RAISON le matériau nécessaire à la compréhension d’une société, la nôtre en particulier.

Les débats consécutifs à cette conférence se sont révélés d’une extraordinaire richesse et ont traduit le désir manifesté par l’auditoire de participer à une autre conférence sur la même thématique.

Livie PIERRE CHARLES

Lyvie Pierre-Charles - Tous Créoles

Mme Livie Pierre-Charles

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