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	<title>Tous Créoles !</title>
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	<description>Faire de nos différences une oeuvre collective</description>
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		<title>Léon-Laurent VALÈRE, le sage et la résilience</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 14:07:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Léon-Laurent VALÈRE]]></category>
		<category><![CDATA[Résilience]]></category>

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		<description><![CDATA[Ancien et brillant avocat au barreau de Fort-de-France, homme politique courageux (il défia un  temps Aimé CÉSAIRE), haut magistrat (il fut premier président de la Cour d&#8217;appel d&#8217;Agen), le Martiniquais Léon-Laurent VALÈRE est aujourd&#8217;hui devenu un sage, qui sort rarement de sa retraite de Clairière, où il jouit d&#8217;un repos paisible en compagnie de son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3424" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/02/leon-laurent-valere-tous-creoles.jpg"><img class="size-full wp-image-3424" title="leon-laurent-valere-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/02/leon-laurent-valere-tous-creoles.jpg" alt="" width="240" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">Léon-Laurent VALÈRE (Photo Antilla)</p></div>
<p><strong>Ancien et brillant avocat au barreau de Fort-de-France, homme politique courageux (il défia un  temps Aimé CÉSAIRE), haut magistrat (il fut premier président de la Cour d&#8217;appel d&#8217;Agen), le Martiniquais Léon-Laurent VALÈRE est aujourd&#8217;hui devenu un sage, qui sort rarement de sa retraite de Clairière, où il jouit d&#8217;un repos paisible en compagnie de son épouse Rose.</strong></p>
<p><strong>Ce qui lui donne le loisir de jeter un regard averti sur notre société créole et d&#8217;en analyser les dérives.</strong></p>
<p><strong>Léon-Laurent VALÈRE a publié récemment, dans le N° 436 de la revue catholique &#8220;L&#8217;Eglise en Martinique&#8221;, un article qui traduit sa grande inquiétude, mais constitue surtout un beau message d&#8217;espoir. Sans le savoir, il rejoint la démarche déjà engagée par notre association: <a href="http://www.touscreoles.fr/2011/10/17/operation-resilience-martinique/">http://www.touscreoles.fr/2011/10/17/operation-resilience-martinique/</a></strong></p>
<p><strong>Nous vous proposons ci-après la lecture de la réflexion de <strong><strong>Léon-Laurent VALÈRE</strong></strong>.</strong></p>
<p><strong><span id="more-3423"></span></strong></p>
<p><strong>La difficulté, occasion de la victoire, ou Pour une Martinique résiliente.</strong></p>
<p>En ce début d’année 2012, le monde tout entier est confronté à d’immenses difficultés.</p>
<p>Elles affectent les grandes nations comme les collectivités humaines plus petites, sommées de trouver d’urgence des réponses satisfaisantes à des situations aussi graves qu’inattendues.</p>
<p>Qui pouvait penser à l’effondrement financier des Etats-Unis, après la crise financière qui les a si violemment frappés, avant de se répandre dans l’ensemble du monde occidental, et en particulier européen auquel nous sommes étroitement liés par notre citoyenneté française ?</p>
<p>Les problèmes économiques de la France sont d’ailleurs étalés désormais au grand jour, et il n’est bruit que de l’inévitable période d’austérité, annonciatrice bien sûr de la réduction relative de l’ensemble des crédits d’Etat dont nous bénéficions normalement en tant que département français.</p>
<p>Devant les impératifs de la crise, en effet, nous ne pouvons, à la Martinique, échapper au <em>coup de rabot</em> du budget national, et nous nous préparons à des difficultés supplémentaires, alors que des problèmes récurrents s’y rappellent dramatiquement à notre attention.</p>
<p>Il suffira d’en citer quelques-uns pour prendre la mesure de l’urgence des solutions à apporter, dans une conjoncture si volatile, aux problèmes de notre Martinique :</p>
<p>-         Chômage important et endémique, et plus particulièrement celui des jeunes ;</p>
<p>-         Insécurité croissante et violences particulièrement barbares ;</p>
<p>-         Consommation de stupéfiants lourds, et en particulier de crack ;</p>
<p>-         Dégénérescence spectaculaire des valeurs d’humanité qui ont jadis si profondément marqué notre société ;</p>
<p>-         Justice à bout de souffle, faute de moyen d’actions suffisants ;</p>
<p>-         Insuffisance criante des structures pénitentiaires actuelles ;</p>
<p>-         Problème lancinant d’un transport public régulier, souple et très bon marché, par tous modes et à travers toute l’île ;</p>
<p>-         Résorption de l’habitat insalubre et des cas de misère véritable que l’on rencontre de plus en plus et qu’offense parfois l’opulence excessive de quelques-uns, etc.</p>
<p>J’arrête ici cette liste qui pourrait être infiniment plus longue.</p>
<p>Face à ces difficultés dont l’ampleur est certes exceptionnelle, un grand nombre de personnes, et parmi elles des chrétiens, s’avouent tentées par un pessimisme quelque peu désespéré, générateur d’attentisme, voire d’inaction ou de fuite, certaines préparant même leur éventuelle réinstallation en Europe !</p>
<p>Cette attitude négative ne saurait être approuvée et doit même être combattue.</p>
<p>Quel exemple d’incivisme et d’égoïsme donnerions-nous en continuant d’agir ainsi, en laissant à d’autres le soin d’accomplir la tâche qui revient à chacun de nous pour le bien commun du pays !</p>
<p>Un tel comportement méconnaîtrait le succès déjà remporté par notre communauté martiniquaise, tous éléments confondus, qui a su s’adapter et vaincre les suites complexes de la première mondialisation esclavagisée.</p>
<p>Quel autre groupe humain a sur réussir l’adaptation exigée de tous et promouvoir, dans la liberté et dans une paix relative, un peuple nouveau et multiple ?</p>
<p>Ce que nous avons pu mener à bien jusqu’à présent dans le respect des personnes, nous devons le continuer par fidélité à notre communauté martiniquaise qui a su saisir très tôt les chances qui lui étaient offertes, en dépit de difficultés apparemment inextricables.</p>
<p>Dès avant l’abolition officielle de l’esclavage, et sans considération pour la rudesse de la tâche, cette communauté a produit des ingénieurs polytechniciens (Perrinon). Plus tard, des savants : professeur Jude Turiaf, président de l’Académie de Médecine ; Gaston Monnerville, président du Sénat de la République pendant 21 ans ; Henry Jean-Baptiste, conseiller-maître à la Cour des comptes, conseiller des présidents Senghor et Giscard d’Estaing, etc.</p>
<p>Nous sommes toujours restés férus de savoir et d’instruction. En tout cas, notre réaction a été jusqu’ici celle d’un peuple ingénieux et résilient, et nous devons le rester.</p>
<p>Les recherches des psychologues modernes sur la notion de résilience doivent nous éclairer.</p>
<p>La résilience n’est autre chose que la capacité, pour certains êtres, de supporter avec succès les pires épreuves, trouvant dans la difficulté même l’occasion d’une action, d’une implantation et finalement d’un succès.</p>
<p>Il s’agit alors, non de nier ou de fuir l’épreuve, mais de trouver, dans la solution des traumatismes ou épreuves graves qu’elle implique, un authentique surcroît d’estime de soi dont chacun a besoin pour survivre.</p>
<p>Il s’agit, disent-ils, d’une véritable thérapie de la fierté et de responsabilité.</p>
<p>Certes, une telle thérapie suppose d’abord une exacte appréhension de la réalité, c’est pourquoi j’ai tenu à en évoquer au moins quelques aspects précis. Mais elle suppose aussi qu’au lieu de la fuir, on l’affronte clairement en faisant, chacun à sa place, ce qui est nécessaire au bien commun.</p>
<p>Que la Martinique, qui fut dans le passé une terre de souffrance et de dévalorisation, poursuive son effort pour demeurer, désormais, une terre de résilience et de vraie responsabilité.</p>
<p>En agissant ainsi, nous serions fidèles à notre communauté que l’on aurait pu croire détruite par les effets délétères du crime d’esclavage tant sur les esclaves que sur leurs maîtres, mais qui a su résoudre les transformations qu’imposait désormais sa liberté, en engendrant une réalité nouvelle où tous peuvent trouver place, sans drame excessif.</p>
<p>Plus que jamais, faisons donc le choix d’une Martinique résiliente et sachons lutter, chercher, innover, inventer un monde nouveau, même s’il doit être parfois engendré dans la difficulté.</p>
<p>Léon-Laurent VALÈRE, janvier 2012</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><em><strong>Télécharger ici l&#8217;article publié par &#8221;L&#8217;Eglise en Martinique&#8221; : <a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/02/Pour-une-Martinique-résiliente.pdf">Pour une Martinique résiliente</a></strong></em></span></p>
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		<item>
		<title>Observations à Alain MÉNIL, professeur de philosophie</title>
		<link>http://www.touscreoles.fr/2012/01/30/observations-a-alain-menil-professeur-de-philosophie/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 03:06:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Créolité]]></category>
		<category><![CDATA[Vie de l'association]]></category>
		<category><![CDATA[Alain MÉNIL]]></category>

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		<description><![CDATA[Alain MÉNIL, professeur de philosophie d&#8217;origine martiniquaise, est l&#8217;auteur d&#8217;un monumental ouvrage (675 pages), intitulé Les voies de la créolisation : essai sur Édouard GLISSANT, paru en octobre dernier aux éditions De l&#8217;incidence. Dans son chapitre VII « Créolisation et créolité », et en particulier en ses pages 488 à 491, Alain MÉNIL a cru devoir évoquer notre association « Tous Créoles ! ». [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3406" class="wp-caption alignleft" style="width: 116px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Alain-Ménil-tous-creoles1.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-3406" title="Alain-Ménil-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Alain-Ménil-tous-creoles1-106x108.jpg" alt="" width="106" height="108" /></a><p class="wp-caption-text">Alain MENIL (Photo ©RADIO FRANCE)</p></div>
<p><strong>Alain MÉNIL, professeur de philosophie d&#8217;origine martiniquaise, est l&#8217;auteur d&#8217;un monumental ouvrage (675 pages), intitulé <em>Les voies de la créolisation : essai sur Édouard GLISSANT</em>, paru en octobre dernier aux éditions De l&#8217;incidence.</strong></p>
<p><strong>Dans son chapitre VII « Créolisation et créolité », et en particulier en ses pages 488 à 491, Alain MÉNIL a cru devoir évoquer notre association « Tous Créoles ! ». Honneur empoisonné, puisque n</strong><strong>ous avons été vivement interpellés par la teneur des écrits du professeur, qui -sans doute par méconnaissance, d&#8217;ailleurs- s&#8217;est montré assez peu bienveillant à notre égard. Aussi avons-nous été amenés à lui adresser le courrier de mise au point que vous pourrez lire ici.</strong></p>
<p><strong><span id="more-3404"></span></strong><strong></strong></p>
<p>Bonjour, Monsieur MÉNIL</p>
<p>(&#8230;) Vous imaginez que c’est avec grande impatience que nous avons pris connaissance de votre texte intitulé « Créolisation et créolité » et en particulier de ses pages 396 et 397 qui évoquent notre association « Tous Créoles ! », et qui analysent notamment le discours prononcé lors de notre assemblée générale constituante du 9 novembre 2007.</p>
<p>Après lecture, il apparaît nécessaire de porter à votre connaissance différents éléments visant non seulement à rétablir certaines réalités actuelles, mais également à vous exposer à la fois le fondement de notre action ainsi que nos ambitions.</p>
<p>Préalablement, il est important de vous rappeler que, si notre association est bien évidemment concernée par l’ensemble des problèmes qui se posent au sein de la société martiniquaise, elle n&#8217;est certainement pas un organisme représentatif des &#8220;Békés&#8221;, ni leur porte-parole et encore moins leur défenseur ou leur avocat.</p>
<p>L’association « Tous Créoles ! » a été fondée en 2007 (soit près de deux ans avant les fameux événements sociaux survenus en février-mars 2009 à la Martinique), par une soixantaine de personnalités issues de toutes les composantes de la communauté créole antillaise : Noirs, Mulâtres, Indiens, Chinois, Blancs, Syro-libanais, mais aussi des Métropolitains et des Africains ayant adopté depuis longtemps la créolisation comme démarche de vie et de pensée.</p>
<p>Parmi ses membres fondateurs ont peut noter l’implication de personnalités diverses telles que le chirurgien Henri LODÉON, l’écrivain Tony DELSHAM, les chefs d’entreprise Marcel OSENAT et Bernard HAYOT, les universitaires Fred CÉLIMENE et Hector ÉLISABETH, les avocats Danièle MARCELINE et Gérard DORWLING-CARTER, le révérend-père Louis ÉLIE, l’historien Édouard de LÉPINE, le poète Marcel RAPON, l’Indien Camille MOUTOUSSAMY, etc. Puis nombreux sont celles et ceux qui, au fil des mois, et de tous horizons, sont venus rejoindre spontanément ce groupe de départ, dont par exemple le docteur Yves DONATIEN, les artistes Nicole RÉACHE de la Guadeloupe et Catherine THÉODOSE, le journaliste Rodolf ÉTIENNE, ainsi bien sûr que notre amie Nicole DESBOIS.</p>
<p>L&#8217;association compte aujourd’hui plus de 200 adhérents cotisants, y compris ceux inscrits auprès d&#8217;une section autonome créée en mai 2009 à Paris à l’initiative enthousiaste notamment de Nathalie FANFANT et Béatris COMPÈRE, jeunes Martiniquaises dynamiques, qui a vocation à rassembler les Créoles de l&#8217;Hexagone.</p>
<p>« Tous Créoles ! » a pour ambition de participer à l&#8217;édification d&#8217;une communauté créole solidaire, apaisée et affranchie de tout sectarisme. Par la mise en œuvre d&#8217;actions et de gestes symboliques, l&#8217;association entend œuvrer afin de permettre à celles et ceux qui composent cette communauté d’apprendre à mieux se connaître et à se respecter, et ce dans leurs différentes singularités. Pour faire de nos différences une œuvre collective.</p>
<p>Pour en venir à votre chapitre « Créolisation et créolité », vous comprendrez aisément que nous ne pouvons approuver la lecture que vous y faites du discours précité du 9 novembre 2007. En effet, vous nous prêtez pêle-mêle l’intention de réécrire notre histoire, de tenter d’établir un équilibre ethnique des responsabilités -ce que vous qualifiez de « commerce équitable » !-, de vouloir minimiser le drame de l’esclavage ; vous pensez en outre que nous perdons notre temps à considérer le passé, plutôt que de nous tourner vers l’avenir…</p>
<p>Lorsque vous écrivez « cette petite <em>minorité</em> qui ce soir-là accueille et invite », nous comprenons que vous prêtez aux seuls Blancs créoles l’initiative de cette assemblée ! C’est oublier que nous étions une bonne quinzaine, ce jour-là, à inviter et accueillir la soixantaine d’amis et relations à cette assemblée constituante : Noirs, Blancs, Mulâtres, Indiens avaient invité et accueillaient leurs amis et relations Noirs, Blancs, Mulâtres, Indiens. D’ailleurs, plusieurs orateurs Noirs, Blancs, Mulâtres, Indiens se succédèrent au micro, chacun –avec sa sensibilité personnelle- exprimant en fait des idées très proches de celles des autres, ce qui était bien normal, tous ayant en commun les mêmes idéaux de partage, d’espoir et de rapprochement. C’est d’ailleurs cette diversité qui fait la force et la richesse de notre association.</p>
<p>Quand nous disons « Dans leur grande majorité, les Martiniquais ont un aïeul qui les a vendus, et un aïeul qui les achetés », selon vous cette assertion aurait pour but de nier « le seul des deux aïeuls que tout métis est en mesure de revendiquer » ! Vous allez jusqu’à dire que cette formule aurait pour intention de rétablir une forme d’équilibre entre les coupables, correspondant à vos yeux à une « transaction » équitable. Il vous a peut-être échappé que l’auteur de cette affirmation est Dereck WALCOTT lui-même, Caribéen prix Nobel de littérature, dont les propos forts et émouvants sur ce sujet constituent un hymne rayonnant à la fraternisation et ne peuvent surtout prêter à quelque manigance que ce soit. Nous reconnaissons cependant que nous aurions dû alors évoquer le troisième acteur de cette terrible histoire : le métropolitain, qu’il soit négociant nantais ou bordelais, roi de France, évêque voire cardinal, rédacteur du Code noir, armateur ou transporteur négrier. Mais ce que WALCOTT et nous-mêmes voulions exprimer, c’est qu’aujourd’hui seuls les descendants d’esclavagistes et les descendants d’esclaves restent dans notre pays-Martinique, et qu’ensemble nous devons tout faire afin qu’ils ne demeurent plus dos à dos, mais se retrouvent côte à côte pour construire un avenir commun.</p>
<p>Vous écrivez non sans ironie : « L’éloge du métissage par le descendant d’une <em>caste</em> qui a fait de sa prohibition sa condition d’existence ne manque en effet pas de sel (…) Qu’un béké mélangé soit chose si rare, qu’il faudrait plutôt en faire l’invité d’honneur de cette étrange soirée, car sitôt qu’il s’est mésallié ou a fauté, nous savons tous qu’il est plutôt mis à l’écart, et comme déclassifié par les siens. » Tout d’abord nous croyons que,<em> c</em>ulturellement, nous sommes tous des Créoles, peu importe les traits du visage, les cheveux, le nom de famille ou le teint de la peau<em>.</em> À elle seule, votre affirmation traduit une vision figée et dépassée de notre société martiniquaise, tant il est vrai qu’une évolution profonde s’y est opérée, notamment chez les Blancs créoles –qui sont bien loin de constituer une caste- et cela depuis fort longtemps. Sinon, comment expliquer les nombreux métis qui portent de nos jours des patronymes issus de familles blanches, ce qui implique qu’ils aient été reconnus par leurs géniteurs ? Pour actualiser vos informations, citons par exemple : HUYGHUES des ÉTAGES, de FABRIQUE SAINT-TOURS, ASSELIN de BEAUVILLE, de JAHAM, HAYOT, ROY de BELLEPLAINE, CROSNIER de BELLAÎTRE, de FRÉMONT, de VASSOIGNE, etc. Enfin, sachez que la « déclassification » dont vous parlez et qui a pu effectivement exister dans certaines familles est une histoire ancienne, en témoignent les différents mariages ou alliances mixtes d’aujourd’hui, y compris dans ma propre famille.</p>
<p>Et si l’on accepte le concept selon lequel les Blancs créoles d’aujourd’hui seraient les descendants des colons blancs d’origine, comment expliquer que leur nombre ait décliné d’environ 10.000 en 1848, à peut-être 2.000 de nos jours ? Figurez-vous qu’ils se sont « fondus dans la masse » au fil des alliances et mariages successifs évoqués précédemment, d’ailleurs aussi bien avec des métropolitains, qu’avec Antillais de toutes origines.</p>
<p>En fait, vous avez cédé comme d’autres à la tentation du communautarisme, qui consiste à attribuer à l’ensemble d’un groupe humain les dérives constatées chez l’un ou l’autre de ses membres ; et par conséquent à nier les qualités humaines individuelles ou les convictions personnelles de chaque individu au profit d’un mode de pensée et de comportements qui seraient par atavisme communs au groupe. Il vous faut accepter le fait qu’aucune communauté n’est monolithique, les groupes humains sont toujours hétérogènes et multiples, et les colons blancs et leur « descendance » n’échappent pas à cette règle : ainsi, dès la fin du XVIII° siècle de nombreux propriétaires blancs avaient affranchi leurs esclaves, certains ayant même contracté mariage avec ces nouveaux Libres. En 1838 un certain Louis de LUCY de FOSSARIEU, qui avait affranchi tous les esclaves de son habitation pour en faire des salariés, incitait par des écrits publics ses collègues planteurs à en faire de même. Ce qui n’a pas empêché que des Blancs créoles –deux frères de JAHAM- soient condamnés par la justice en 1845 pour mauvais traitements infligés à leurs esclaves. Quelle diversité d&#8217;attitudes dans un groupe socio-ethnique censé se comporter comme un seul homme !</p>
<p>Mais vous avez surtout employé une phrase véritablement insupportable introduisant l’idée d’une banalisation de l’horreur : « …dans l’inconscient de l’orateur (il s&#8217;agit de moi !), ce passé lui revient <strong><em>distraitement</em></strong> sous la force des produits du commerce triangulaire, en effet. Ce n’est jamais là que cafés, vanilles, sucres, <strong><em>bambins</em></strong>… ».  Pour ma part, je vous rappelle que depuis 1998 je prends la parole -et la plume- pour exprimer publiquement la nécessité de reconnaître l&#8217;esclavage d&#8217;hier et d&#8217;aujourd&#8217;hui comme étant un crime contre l&#8217;Humanité. Dans une déclaration solennelle signée par plus de 400 Blancs créoles, et lue en public à Fort-de-France en 2006, nous avons affirmé : « La communauté martiniquaise est née dans l&#8217;inhumanité de l&#8217;esclavage. Cette sombre période a porté atteinte à la dignité de milliers d&#8217;hommes et de femmes, et il en est résulté de grandes souffrances qui marquent encore profondément les Martiniquais de toutes origines (…) » Nous avons procédé à ce témoignage avec sincérité et grande émotion. Et vous croyez réellement que c’est <strong><em>distraitement</em></strong> que j&#8217;aurais évoqué ce douloureux passé ? Et que je ne puisse considérer comme une grave offense, le fait d&#8217;être accusé d&#8217;introduire des bambins -<strong><em>des enfants</em></strong> !- dans une liste de marchandises ?</p>
<p>En conclusion, c&#8217;est un bien mauvais procès que vous intentez là, aussi bien à ma personne qu&#8217;à notre association. Et il convient d&#8217;espérer que seule la méconnaissance a pu vous amener à tenir de tels propos. Aussi, nous ne pouvons que vous inviter à mieux nous connaître, notamment par des rencontres et des échanges sincères et approfondis entre nous, dans un esprit de respect réciproque.</p>
<p>(&#8230;) Recevez, cher Monsieur MÉNIL, l’expression de nos salutations respectueuses et bien créoles.</p>
<p><!--more--></p>
<p><strong>En dépit d&#8217;une rencontre qui s&#8217;est ensuite déroulée à la Martinique entre les membres de notre Conseil d&#8217;administration et le professeur de philosophie, nous avons le sentiment de n&#8217;être toujours pas compris par ce dernier. Sans doute la conséquence du fossé intellectuel existant entre ce philosophe diplômé et reconnu, et nous, simples Créoles mortels aux connaissances parfois sommaires ?&#8230;</strong></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em>En savoir plus : <a href="http://martinique.la1ere.fr/infos/culture/glissant-les-voies-de-la-creolisation_81029.html">http://martinique.la1ere.fr/infos/culture/glissant-les-voies-de-la-creolisation_81029.html</a>                                          </em></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em><a href="http://www.franceculture.fr/oeuvre-les-voies-de-la-creolisation-essai-sur-edouard-glissant-de-alain-menil">http://www.franceculture.fr/oeuvre-les-voies-de-la-creolisation-essai-sur-edouard-glissant-de-alain-menil</a></em></strong></span></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong><em><a href="http://alexjulesuri.blogspot.com/2011/08/alain-mesnil-la-pensee-de-glissant.html">http://alexjulesuri.blogspot.com/2011/08/alain-mesnil-la-pensee-de-glissant.html</a></em></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Félix ÉBOUÉ, un Créole immense</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 18:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Félix ÉBOUÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Fils d&#8217;orpailleur, petit-fils d&#8217;esclave, le Guyanais Félix ÉBOUÉ aura été un immense Français du XXI° siècle. &#8220;Un grand serviteur de l&#8217;État qui a donné son visage à ce qu&#8217;il y a de meilleur dans notre République&#8220;, selon les propos du président Nicolas SARKOZY inaugurant samedi 21 janvier 2012 un monument au &#8220;Gouverneur général Félix ÉBOUÉ&#8221; à l&#8217;aéroport de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3398" class="wp-caption alignleft" style="width: 235px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/eboue-degaulle-tous-creoles.jpg"><img class="size-full wp-image-3398" title="eboue-degaulle-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/eboue-degaulle-tous-creoles.jpg" alt="" width="225" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Félix ÉBOUÉ et le général de GAULLE en 1940</p></div>
<p><strong>Fils d&#8217;orpailleur, petit-fils d&#8217;esclave, le Guyanais Félix ÉBOUÉ aura été un immense Français du XXI° siècle. &#8220;<em>Un grand serviteur de l&#8217;<strong>É</strong>tat qui a donné son visage à ce qu&#8217;il y a de meilleur dans notre République</em>&#8220;, selon les propos du président Nicolas SARKOZY inaugurant samedi 21 janvier 2012 un monument au &#8220;Gouverneur général <strong>Félix ÉBOUÉ&#8221; à l&#8217;aéroport de Cayenne-Matoury qui porte désormais son nom.</strong></strong></p>
<p><strong><strong>Paradoxalement, les ultramarins connaissent relativement mal ce grand homme.</strong></strong></p>
<p><strong><strong><span id="more-3397"></span></strong></strong></p>
<p>Né à Cayenne le 26 décembre1884, Félix ÉBOUÉ a marqué de son empreinte l&#8217;histoire des anciennes colonies françaises et des peuples noirs, pour l&#8217;émancipation desquels il a beaucoup oeuvré. Il fut un grand humaniste, membre de la SFIO et franc-maçon.</p>
<p>Sa carrière d&#8217;administrateur colonial fut riche et variée :</p>
<p>- Secrétaire général de la Martinique de juillet 1933 à janvier 1934,<br />
- Gouverneur de la Guadeloupe en 1936, c&#8217;est le premier Noir à accéder à un grade aussi élevé ; il avait adressé aux jeunes de ce pays le fameux &#8220;Jouez le jeu&#8221; traduisant une pensée rigoureuse, mais aussi généreuse et formatrice : <a href="http://www.touscreoles.fr/2009/05/27/jouer-le-jeu-une-belle-pensee-de-felix-eboue/">http://www.touscreoles.fr/2009/05/27/jouer-le-jeu-une-belle-pensee-de-felix-eboue/</a><br />
- Gouverneur de l&#8217;Oubangui-Charri (Aujourd&#8217;hui Centrafrique).<br />
- Gouverneur du Tchad en 1938.<br />
- Gouverneur Général de l&#8217;Afrique équatoriale française en 1940.</p>
<p>Il aura ainsi passé vingt années de service en Afrique, qui lui ont permis de donner sa mesure et de révéler ses qualités d&#8217;administrateur.</p>
<p>Ralliant le général de GAULLE en juin 1940, il donnera « le signal du redressement de l&#8217;Empire tout entier » et une légitimité politique à la France libre, jusqu&#8217;alors dépourvue de tout territoire. Félix ÉBOUÉ a contribué de manière décisive à la restauration de l&#8217;honneur et de la dignité de la France, et représenté implicitement la Guyane, de manière éclatante, au sein de la Résistance.</p>
<p>La Nation toute entière lui a rendu hommage et manifesté sa reconnaissance, en faisant reposer ses cendres au Panthéon de Paris le 20 mai 1949, en compagnie de Victor SCHOELCHER.</p>
<p>Profondément imprégné des valeurs humanistes et républicaines, Félix ÉBOUÉ était un homme d&#8217;ordre, d&#8217;ouverture, de culture, de droiture, héritage de ses parents, purs produits du terroir créole guyanais. Sa mère, qu&#8217;on surnommait &#8220;Man-lie&#8221; était une catholique fervente et avait la réputation d&#8217;avoir une connaissance profonde des coutumes créoles qu&#8217;elle légua à ses enfants pour qu&#8217;ils aient un bon souvenir de Cayenne.</p>
<p>Avec Nelson MANDELA, le pasteur Martin Luther KING, et tout récemment Barack OBAMA, Félix ÉBOUÉ appartient au club très fermé des personnalités de la Diversité qui ont contribué à l&#8217;enrichissement des valeurs de l&#8217;humanité toute entière.</p>
<div id="attachment_3399" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/monument-Felix-Eboue-cayenne-tous-creoles.jpg"><img class="size-medium wp-image-3399" title="monument-Felix-Eboue-cayenne-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/monument-Felix-Eboue-cayenne-tous-creoles-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Le monument de Cayenne à la mémoire de Félix ÉBOUÉ</p></div>
<p>Parti se reposer en Égypte, il y meurt d&#8217;une congestion cérébrale le 17 mai 1944. En 1946 fut inauguré sur la place des Palmistes à Cayenne un imposant monument comportant une statue de bronze à son effigie. Les inscriptions qui figurent sous la statue de Félix ÉBOUÉ  sont d&#8217;André MALRAUX, d&#8217;après l&#8217;épitaphe de Simonide la Bataille des Thermopyles (-480) :</p>
<dl>
<dd><strong>« Étranger, va dire à Lacédémone que ceux qui sont morts ici sont tombés sous sa loi.</strong></dd>
<dd><strong>Passant, va dire aux Enfants de notre Pays : d</strong><strong>e ce qui fut le visage désespéré de la France, les yeux de l&#8217;homme qui repose ici, n&#8217;ont jamais reflété que les traits du courage et de la liberté. »</strong></dd>
</dl>
<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;aéroport &#8220;Cayenne-Félix-ÉBOUÉ&#8221;, porte de la Guyane, rappellera en permanence au monde entier qu&#8217;un jour, ce territoire a donné naissance à un personnage créole au destin exceptionnel.</p>
<p><strong><em><span style="color: #ff0000;">En savoir plus :</span> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_%C3%89bou%C3%A9">http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_%C3%89bou%C3%A9</a></em></strong></p>
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		<title>Le complexe du bébé-kangourou : LE débat !</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 03:33:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Vie de l'association]]></category>

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		<description><![CDATA[Jean BERNABÉ, fondateur du GEREC, professeur émérite des universités, et Errol NUISSIER, psychologue clinicien, président de la Compagnie des experts près la Cour d&#8217;Appel de Basse-Terre, ont accepté à l&#8217;invitation de &#8220;Tous Créoles !&#8221; de débattre publiquement sur un thème de société proposé par Errol NUISSIER : « Le complexe du bébé-kangourou, ou la relation de dépendance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3391" class="wp-caption alignleft" style="width: 140px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Jean-Bernabe-Tous-Creoles.jpg"><img class="size-full wp-image-3391" title="Jean-Bernabe-Tous-Creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Jean-Bernabe-Tous-Creoles.jpg" alt="" width="130" height="111" /></a><p class="wp-caption-text">Le professeur Jean Bernabé</p></div>
<p><strong>Jean BERNABÉ, fondateur du GEREC, professeur émérite des universités, et Errol NUISSIER, psychologue clinicien, président de la Compagnie des experts près la Cour d&#8217;Appel de Basse-Terre, ont accepté à l&#8217;invitation de &#8220;Tous Créoles !&#8221; de débattre publiquement sur un thème de société proposé par Errol NUISSIER : « Le complexe du bébé-kangourou, ou la relation de dépendance ».</strong></p>
<h3><strong>Cette manifestation s&#8217;est tenue le Jeudi 26 janvier 2012 à partir de 17h30 au Campus de Schœlcher de l’Université des Antilles et de la Guyane. (UAG, Amphithéâtre du Département Scientifique).</strong></h3>
<div id="attachment_3392" class="wp-caption alignleft" style="width: 116px"><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/erroll-nuissier-tous-creoles.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-3392" title="erroll-nuissier-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/erroll-nuissier-tous-creoles-106x79.jpg" alt="" width="106" height="79" /></a></strong><p class="wp-caption-text">Le psychologue Errol Nuissier</p></div>
<h3><strong>Une soixantaine de personnes ont suivi avec intérêt ce débat de haut niveau, qui a vu se confronter -sans s&#8217;affronter- ces deux personnalités, qui ont été accueillies et présentées par notre administrateur Hector ÉLISABETH.</strong><span id="more-3390"></span></h3>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Vous pouvez télécharger ici le texte d&#8217;Errol NUISSIER : <a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/La-relation-de-dépendance-ou-le-complexe-du-bébé-kangourot.pdf">La relation de dépendance ou le complexe du bébé-kangouro</a>u</em></p>
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		<title>Réflexions sur la &#8220;décréolisation&#8221;</title>
		<link>http://www.touscreoles.fr/2012/01/19/reflexions-sur-la-decreolisation/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 21:07:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Créolité]]></category>
		<category><![CDATA[décréolisation]]></category>
		<category><![CDATA[Jean BERNABÉ]]></category>

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		<description><![CDATA[Fondateur du GEREC, professeur émérite des Universités en langues et cultures régionales, Jean BERNABÉ est, comme chacun le sait, l&#8217;un des acteurs majeurs de l&#8217;émergence du créole dans la culture antillaise : dès 1983 il est l&#8217;auteur de la première thèse de doctorat sur le créole antillais, intitulée &#8220;Fondal Natal&#8220;, grammaire basilecticale approchée des créoles guadeloupéen et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3378" class="wp-caption alignleft" style="width: 246px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/jean-bernabe-sourire-tous-creoles.jpg"><img class="size-full wp-image-3378" title="jean-bernabe-sourire-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/jean-bernabe-sourire-tous-creoles.jpg" alt="" width="236" height="214" /></a><p class="wp-caption-text">Jean BERNABÉ</p></div>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Fondateur du GEREC, professeur émérite des Universités en langues et cultures régionales, Jean BERNABÉ est, comme chacun le sait, l&#8217;un des acteurs majeurs de l&#8217;émergence du créole dans la culture antillaise : dès 1983 il est l&#8217;auteur de la première thèse de doctorat sur le créole antillais, intitulée &#8220;<em>Fondal Natal</em>&#8220;, grammaire basilecticale approchée des créoles guadeloupéen et martiniquais, publiée chez l&#8217;Harmattan ; en 1989 il publie avec Patrick CHAMOISEAU et Raphaël CONFIANT l&#8217;essai &#8220;<em>Éloge de la créolité&#8221;</em>, considéré comme un texte fondateur. </strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Organisées par le Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement, les XXI° &#8220;<em>Rencontres interrégionales des Langues et Cultures régionales et minoritaires de France</em>&#8220; se sont tenues mi-janvier à la Martinique ; à cette occasion, le professeur Jean BERNABÉ s&#8217;est distingué par ses &#8220;Réflexions sur la &#8220;<em>Décréolisation</em>&#8221; que nous vous proposons de lire ici.<span id="more-3377"></span></strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><em><strong>Vous pouvez télécharger ici le texte complet : <a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/La-décréolisation-par-Jean-Bernabé.pdf">La décréolisation par Jean Bernabé</a></strong></em></p>
<p align="center"><strong><em>Réflexions sur la décréolisation</em></strong></p>
<p align="center">par Jean BERNABÉ</p>
<p style="text-align: left;" align="center">Le terme peu connu dans le grand public de « décréolisation » désigne un processus ayant rapport à la perte, au délitement, à la désagrégation du créole. Cette question, qui n’est pas toujours prise au sérieux à la mesure de ses enjeux, renvoie à une problématique que je considère comme cruciale pour l’avenir linguistique, culturel, voire politique (au sens noble du mot) de nos pays. En effet, le mot « décréolisation » constitue une métaphore particulièrement pertinente de la situation dans laquelle se trouvent nos pays, au carrefour d’un consumérisme débridé et d’une productivité voisine de zéro. La langue peut, en effet, elle aussi être un lieu tant de consommation que de production. Il est évident que dans ce domaine les créolophones se situent dans une situation qui accuse une disparité entre consommation linguistique et créativité.</p>
<p style="text-align: left;"><em>La décréolisation quantitative</em></p>
<p>La décréolisation est dite quantitative quand elle affecte le nombre de locuteurs. Quand ce dernier atteint zéro, on peut alors parler de langue morte.  À Trinidad ou à Grenade, le nombre proche de zéro des locuteurs aboutit à des créoles moribonds, parlés dans de très rares localités. La minuscule bourgade de Paramine, à Trinidad, est demeurée un des rares bastions du créole à base lexicale française dans ce pays où, au XIXème siècle encore, toute la population parlait créole, seule les élites parlant les deux langues (créole et anglais). À Trinidad, le célèbre pays du calypso, genre musical chanté en très grande partie en créole, cette langue en a été réduite à cela ! Quelle tristesse ! Comme quoi, pareillement aux civilisations, dont Paul Valéry disait qu’elles se savaient désormais mortelles, les langues sont elles aussi inscrites dans la finitude. Cela dit, m’étant rendu en enquête à Paramine, il y a une dizaine d’années, et ayant été merveilleusement reçu à la table de mes informateurs, qui ont tenu à servir à mon épouse, à moi-même et à un couple d’amis trinidadiens force dachines et autres légumes de leur production, j’ai personnellement été frappé de constater à quel point, dans ce petit réduit de créole, nos hôtes, des Trinidadiens, par ailleurs anglophones, gardaient un lien étroit avec ce créole. Ils le prononçaient, non pas avec un accent anglais, comme le font les Dominiquais ou les Saint-Luciens, mais avec une tonalité qui ne diffère en rien de celle des Martiniquais. À Paramine donc, j’ai eu l’impression de me trouver dans n’importe quelle campagne de la Martinique. Il faut dire que le créole de cette localité est protégé de l’ouverture sur le monde et sur la modernité qui, comme on le sait, constitue un facteur de corrosion de toute langue et surtout du créole. Combien de temps cette séquelle créolophone résistera-t-elle aux assauts du monde anglophone et de la modernité, nul ne le sait. Une chose est sûre : Paramine ne restera pas telle quelle jusqu’à la fin des temps une bourgade rurale, avec toujours le même mode de vie et de production.</p>
<p><em>La décréolisation qualitative </em></p>
<p>Sous sa forme<strong> </strong>qualitative, la décréolisation est ce processus qui entame la substance, la qualité même du créole. Cette décréolisation est en fait une francisation quand la langue de contact est le français. Mais elle peut tout aussi bien être une anglicisation, quand, comme à la Dominique et à Sainte-Lucie, le contact s’établit avec l’anglais. Remarque importante : la décréolisation qualitative n’entraîne pas forcément la décréolisation quantitative, c&#8217;est-à-dire le recul ou la mort du créole. En effet, les Martiniquais parlent en général un créole très décréolisé, mais cela n’empêche pas leur créole d’être très vivace, comparé à certaines langues de France, comme l’occitan ou encore le breton, qui ne sont guère parlés que par des gens âgés. Il n’y a donc pas de raison que le créole martiniquais disparaisse parce qu’il se francise. Mais il n’y a pas non plus de raison de penser que ce créole ne disparaîtra jamais ! Divers facteurs sont à l’œuvre.</p>
<p><em>La décréolisation par désancrage psychologique</em></p>
<p>Un facteur qui peut entraîner la disparition d’un créole, c’est l’élimination de ceux qui le parlent (mort naturelle ou génocide), à savoir la décréolisation quantitative. Mais il n’y a pas que ce facteur. Il existe une troisième forme de décréolisation, celle qui concerne le rapport que les locuteurs entretiennent avec la langue. Il s’agit là d’un rapport que j’appelle ancrage psychosociologique dans le créole (apc). Le contraire de l’ancrage est, bien sûr, le désancrage (dpc). Précisément, un créolophone désancré n’est pas enraciné (<em>anchouké</em>, dirait-on en créole) dans la langue. Il est comme qui dirait « à côté », voire « flotte au-dessus », situation que l’on peut illustrer par l’image des cultures hors sol, dites hydroponiques<strong>,</strong> et qui précisément ne puisent pas leur sève dans les profondeurs de l’humus nourricier. De toute évidence, si les habitants de Paramine n’avaient pas cette force d’ancrage dans leur créole, due à des raisons socio-historiques complexes, jamais ils n’auraient pu résister à l’assaut de l’anglais et du créole à base lexicale anglaise, qui ont éliminé le créole à base française dans presque tout le territoire trinidadien.</p>
<p>La notion d’ancrage est certes une métaphore, mais c’est aussi plus qu’une métaphore. C’est une réalité psychosociologique qui, redisons-le, a des causes sociohistoriques diverses et qui comporte des manifestations évidentes. Elle se révèle notamment dans la manière dont le créole est mis en bouche par les locuteurs, dans le nombre de situations où la langue est utilisée, dans la fluidité de l’énonciation ainsi que dans le sentiment de confort et de sécurité que le locuteur éprouve en maniant sa langue. Le niveau d’ancrage varie selon les sociétés et selon les groupes sociaux.</p>
<p><em>Géographie de l’ancrage dans le créole</em></p>
<p>Les pays de l’Océan Indien (Maurice, Réunion et Seychelles) sont des pays où l’ancrage dans le créole est extrêmement fort. On est frappé de constater le nombre important de situations dans lesquelles les créolophones de ces pays  s’expriment en créole : non seulement en famille, mais dans beaucoup d’endroits officiels. Dans notre aire caribéenne, Haïti et la Guadeloupe connaissent un niveau d’ancrage psychosociologique dans le créole de loin supérieur à celui de la Martinique. À titre d’exemple : considérons trois artères de trois pays caribéens : la rue Frébault à Pointe à Pitre, le champ de Mars en Haïti, puis la rue de la République à Fort-de-France. Vous constaterez que dans la première, le créole est majoritaire, voire quasi-exclusif, que dans la seconde, on n’entend que du créole et dans la troisième, presque autant de créole que de français. C’est un bon reflet des différents niveaux d’ancrage psychosociologique du créole. De même, dans les milieux ruraux et/ou populaires de ces deux pays, l’ancrage dans le créole sera plus fort que dans les milieux relevant de classes plus aisées.</p>
<p><em>Les conséquences d’un ancrage collectif fort</em></p>
<p>Cette constatation correspond par ailleurs à une autre remarque selon laquelle plus les gens sont ancrés dans le créole, moins ils ont tendance à prendre conscience du caractère décréolisé de leur parler créole. Cette remarque est très paradoxale, parce qu’on aurait tendance à s’imaginer le contraire : à savoir qu’un fort ancrage dans le créole vous fait prendre conscience du fait que votre créole se francise. Précisément, il n’en est rien, puisque c’est même tout le contraire ! Cela nous montre bien que, justement, le sentiment de sécurité linguistique que procure un sentiment de légitimité issu de l’ancrage et dont l’effet est d’écarter du locuteur tout sentiment d’un danger de délitement de la langue qu’il parle. Il est à cet égard caractéristique de remarquer que même les spécialistes du créole (autrement dit les créolistes) de l’Océan Indien sont absolument indifférents au thème de la décréolisation. Il en est de même des créolistes guadeloupéens, à quelques exceptions près (Collat-Jolivière, Déglas, Fontès, Zandronis, anciens membres du GEREC, quand ce groupe de recherche  universitaire opérait sous ma coordination en Guadeloupe dans les années1970). En dehors de ces derniers, l’ensemble des autres créolistes guadeloupéens ne se sentent donc pas, dans leur très grande majorité, concernés par le phénomène de la décréolisation. Par voie de conséquence, les écrivains non plus. Il existe, en effet, en Guadeloupe, de nombreux écrivains créolisants, particulièrement talentueux. Leur utilisation du créole est certes très créative, mais jamais dans leurs œuvres, ils ne se lancent, par exemple, dans une démarche néologique (autrement dit de création de mots), contrairement aux écrivains martiniquais, qui sont très souvent tentés par une volonté de rénover, de recréer le créole. On trouve cette démarche plus affirmée chez des auteurs comme Confiant, Monchoachi, Rosier, mais pas tout à fait inexistante chez d’autres tels que Boukman, Joby Bernabé, Mauvois, Duranty, Ebion, Norvat, Georges et Thérèse Léotin, Restog, etc. Cela tient au fait que tant les créolistes que les auteurs créolisants de la Guadeloupe vivent dans une société où l’ancrage dans le créole est puissant et où les locuteurs ont tendance à vivre la langue de façon absolue, sans chercher à la comparer au français. Comme quoi, la notion de « décréolisation » est éminemment subjective, même si elle peut être objectivée par des linguistes, dont c’est le rôle. La question reste cependant de savoir qui, des locuteurs et des linguistes, ont le plus de légitimité. Si ce ne sont pas les locuteurs qui détiennent la légitimité, la situation est grave. D’un autre côté, si les linguistes n’ont aucune audience en raison de leur légitimité inférieure, la situation est tout aussi grave. Il faut trouver le moyen de résoudre la question ! Ce moyen existe, assurément. Du moins, j’en ai l’intime conviction !</p>
<p><em>Une position d’alerte et d’avant-garde</em></p>
<p>La différence qu’expriment les créolistes ainsi que les auteurs créolisants martiniquais révèle, au contraire, une situation communautaire tout à fait différente, marquée par une insécurité linguistique, elle-même liée au désancrage collectif, même si certains milieux, notamment ruraux et populaires, sont plus ancrés que d’autres. Cette situation met les créolistes et autres créolisants en position de prendre un certain recul d’avec la langue et de repérer qu’elle est en réalité en position de dépendance et de parasitage par rapport au français. Il ne faut pas s’imaginer pour autant que le créole guadeloupéen échappe à la décréolisation, même si la force de l’ancrage communautaire empêche une véritable prise de conscience du phénomène. Autrement dit, de même que la décréolisation qualitative n’entraîne pas nécessairement la disparition du créole (sa décréolisation quantitative), de même une communauté peut être affectée par une décréolisation qualitative, sans que cette décréolisation n’entame son ancrage dans le créole. Ce qui est en cause, c’est la capacité à prendre conscience du phénomène !</p>
<p>Nous nous trouvons en présence d’une situation tout à fait paradoxale, selon laquelle ce sont les créolistes et les auteurs créolisants appartenant à la communauté la moins fortement ancrée dans le créole (à savoir la communauté linguistique martiniquaise) qui prennent conscience du phénomène de décréolisation, et c’est par conséquent eux qui essaient d’y apporter des réponses. En un mot, ils sont malgré eux érigés en vigies, aptes à donner l’alerte et ils se situent par là-même à l’avant-garde<strong> </strong>du combat pour ce que j’appelle une<strong> </strong>recréolisation. Rappelons opportunément, à cet égard, le mot du grand penseur Edgar Morin qui nous indique que plus le danger s’accroît, plus s’accroissent aussi les chances de réponde à ce danger. Mais avant de parler de recréolisation, il y a lieu d’analyser les causes de la décréolisation, notamment dans ses aspects qualitatifs.</p>
<p><em>Quelques causes de la décréolisation qualitative</em></p>
<p>Ici, se pose donc la question des causes de cette décréolisation<strong> </strong>qualitative. Les raisons essentielles de la décréolisation sont, d’une part, l’évolution culturelle et technologique, centrée exclusivement autour de la sphère linguistique francophone et, d’autre part, l’extension des domaines d’emploi du créole. En effet, dans la mesure où on se met à vouloir exprimer en créole des réalités modernes que les langues créoles, langues d’origine essentiellement rurale, n’avaient jamais eu l’occasion d’exprimer auparavant et pour lesquelles elles n’avaient donc pas de vocabulaire adéquat, il est tout à fait normal que les mots utilisés soient empruntés à la langue dont la disponibilité se trouve offerte en permanence, les Martiniquais étant de plus en plus à la fois créolophones et francophones. Chez nous la langue « fournisseuse » est le français, mais à la Dominique et à Sainte-Lucie, c’est l’anglais. C’est la langue de contact pourvoyeuse qui vient suppléer aux manques, et c’est naturellement par elle que se produit l’anglicisation des créoles correspondants !</p>
<p>Francisation ou anglicisation du créole sont donc liées au fait que la créativité créole qui devrait réagir contre ces phénomènes n’est pas au rendez-vous. Elle ne peut d’ailleurs être spontanément au rendez-vous ! En effet, les langues ne disposent pas d’un procédé magique qui leur permettrait de créer instantanément et de toutes pièces des mots leur permettant d’éviter les emprunts à d’autres langues. L’emprunt est un phénomène linguistique naturel et il serait aberrant de le proscrire. Les langues  sont inscrites dans un réseau qui tend d’ailleurs à se mondialiser, ce qui risque d’entraîner une diversification des langues pourvoyeuses. Le mot iranien « ayatollah » est aussi bien utilisé en français qu’en créole.</p>
<p>Le problème n’est donc pas le fait de l’emprunt, mais son intensité et surtout son caractère unilatéral. En effet, si on peut compter sur les doigts d’une main les emprunts du français au créole (les mots « <em>biguine</em> », « <em>zouk </em>», « <em>morne</em> », « <em>zombi</em> », « <em>profitation</em> »), en revanche des dizaines de milliers de mains ne suffiraient pas pour dénombrer les emprunts du  créole au français, tant cette pratique est courante et instinctive, chaque fois que nous, créolophones, prenons la parole. Nous avons là un phénomène particulièrement dissymétrique, que les économistes qualifient de « détérioration des termes de l’échange ». Que chacun d’entre nous prenne le temps de s’écouter parler créole ! Il ne tardera pas à prendre conscience de ce mécanisme, qui n’est pas toujours clairement appréhendé ni même perçu par ceux pour qui parler créole ne sert qu’à communiquer, sans aucune considération pour la structure de la langue utilisée. Cela est au demeurant une attitude assez  naturelle, que personnellement je ne cherche nullement à condamner.</p>
<p>Il convient de rappeler que le français a toujours été, dès l’origine, la langue dans laquelle nos créoles ont puisé leur vocabulaire. C’est pourquoi on parle de créoles à base lexicale française, pour désigner ces langues ayant actuellement cours en Haïti, Guadeloupe, Dominique, Martinique, Sainte-Lucie ainsi qu’en Louisiane, à Trinidad et en Guyane, même si dans ces trois derniers pays, le recul quantitatif (c&#8217;est-à-dire en termes de locuteurs) est considérable au point que le qualificatif de « moribond » est utilisé pour les caractériser. Cela ne veut pas dire que les créoles n’ont pas une originalité très grande par rapport au français en matière de syntaxe et de phonétique. Proches pour le vocabulaire, créole et français sont des langues qui ne correspondent absolument pas au même type linguistique. Elles sont en réalité typologiquement très différentes.</p>
<p>Le fait que le vocabulaire créole soit originalement lié à celui du français ne pose pas en soi de problème, toute langue ayant une origine. Il n’y a pas de honte ni d’infamie, ni de déshonneur à parler un créole issu en partie du français ou de l’anglais, avec, bien sûr d’autres composantes, qui sont africaines et, dans une certaine mesure, amérindiennes. Rappelons que ce qui peut poser problème, c’est l’excès de dépendance<strong> </strong>du créole par rapport au français, l’intensité de la détérioration des termes de l’échange. Autrement dit, qui dénoncerait la décréolisation, dénoncerait par là même un parasitage perpétuel du français par le créole. On le sait, il y a peu de gens qui, pris dans l’urgence de leur prise de parole ont le temps, ont la possibilité, voire le désir de recourir à une tournure créole plutôt que de se livrer à la consommation des mots français qui s’offrent sans limite à eux ! Car l’offre de consommation linguistique du français est permanente et il suffit de tendre la main (je devrais plutôt dire : agiter la langue) pour récupérer le mot français qui s’offre. Soit par exemple la phrase suivante, entendue sur une radio : « <em>Adan trè mové sitiyasion-an adan lèkel péyi-a ka touvé kò’y la, man ka pansé ki fok nou aji an manniè ki solidè </em>». Cette phrase-là correspond à une énonciation banale et courante, prononçable par n’importe quel créolophone martiniquais interviewé à la radio. Infiniment plus rares, voire quasi-inexistants, sont les locuteurs qui, au lieu de cette phrase, auraient produit celle-ci : « <em>Adan bidim lélékou-a éti péyi-a ka lolé a, pa mwen, fok sé yonn a lott nou yé </em>»<em>.</em></p>
<p><em>Éviter toute stigmatisation et toute arrogance</em></p>
<p>Si la deuxième formulation citée ci-dessus est bien moins dépendante du français que la première, elle est le fait de ceux qui ont eu l’opportunité ou la chance de pouvoir travailler sur la réalité linguistique créole et qui peuvent de ce fait produire des énoncés moins dépendants de la norme linguistique française. Ce n’est pourtant pas une raison de stigmatiser ceux qui parlent le créole courant, le créole « tout-venant ». C’est la raison pour laquelle je récuse toute attitude de stigmatisation de ceux qui parlent le créole courant, qui est forcément en position de parasitage du français. De là vient ma fréquente déclaration selon laquelle, « il n’y a pas de bon ou de mauvais créole : il y a du créole ». Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas individuellement et collectivement faire des efforts pour promouvoir un créole plus créatif. Cela signifie qu’il n’existe pas un créole normé, que des « grangrek » se croiraient autorisés à imposer à la masse des créolophones. Je m’insurge contre toute normalisation, forcément autoritaire et qui est un mécanisme que certains pourraient mettre en œuvre, en étant sincèrement convaincus que le salut doit venir d’en haut, c’est à dire de leurs propres pratiques, alors que c’est à partir de la base qu’il peut<strong> </strong>être organisé. La normalisation est autoritaire et humiliante, parce qu’elle donnerait à croire que l’ensemble de la communauté se vautre dans la fange d’une langue indigne. Ce serait une autre manière d’insulter notre communauté linguistique à partir d’une position de supériorité indue. Cela dit, il existe les voies d’une politique linguistique non autoritaire, qui relève de ce qui s’appelle la normation, démarche située à l’opposé de la normalisation. J’aurai probablement l’occasion de développer ce point ultérieurement, en relation avec le rôle salvateur<strong> </strong>ou, au contraire, catastrophique, que peuvent jouer en la matière les médias audiovisuels, qui doivent être interpellés. Leur formation et la méthodologie de cette formation  ne sont  pas sans poser problème, mais il ne s’agit pas de problèmes insolubles, si du moins on se réfère à une méthodologie de normation et non point de normalisation.</p>
<p><em>En guise de conclusion provisoire</em></p>
<p>Qu’on le comprenne bien : la plus grande erreur que pourraient commettre nos décideurs politiques serait de créer une « Académie Créole », dont la fonction forcément normalisante serait en porte à faux avec les réalités créoles. Car le problème n’est pas de normaliser, mais de normer progressivement ! Par contre, la meilleure décision serait de mettre en place un Office Public de la Langue Créole, organisme devant être chargé de la coordination des pratiques de<strong> </strong>normation, notion dont il conviendrait de montrer toutes les potentialités. Il n’est pas impossible qu’une réflexion sur la politique linguistique nous apporte des orientations utiles à produire une métamorphose de la politique en général, la conduisant de la stigmatisation à une approche démocratique et solidaire.</p>
<p><strong>Jean <strong>BERNABÉ</strong></strong>, le 16 janvier 2012</p>
<p><em><strong><span style="color: #339966;">Ecoutez Jean BERNABÉ sur &#8220;Politix&#8221; :</span> <a href="http://www.youtube.com/watch?v=5jLSjSd1hmM&amp;feature=related">http://www.youtube.com/watch?v=5jLSjSd1hmM&amp;feature=related</a></strong></em></p>
<p><span style="color: #ff0000;"><em><strong>Vous pouvez télécharger ici le texte complet : <a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/La-décréolisation-par-Jean-Bernabé.pdf">La décréolisation par Jean Bernabé</a></strong></em></span></p>
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		<title>La langue créole et toutes les autres</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 19:26:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Créolité]]></category>
		<category><![CDATA[La langue créole]]></category>
		<category><![CDATA[langues régionales]]></category>

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		<description><![CDATA[La Martinique accueille depuis trois jours les XXI° Rencontres inter-régionales des Langues et Cultures régionales et minoritaires de France, sur le thème &#8220;Média et LCR&#8221;. Organisée par le Conseil de la Culture, de l&#8217;Education et de l&#8217;Environnement, cette manifestation réunit des délégations de la Guyane, de la Corse, de la Catalogne, de l&#8217;Alsace, de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3368" class="wp-caption alignleft" style="width: 344px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/21°-rencontres-lcr2.jpg"><img class="size-full wp-image-3368" title="21° rencontres lcr" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/21°-rencontres-lcr2.jpg" alt="" width="334" height="182" /></a><p class="wp-caption-text">La cérémonie d&#39;inauguration au Conseil régional</p></div>
<p><strong>La Martinique accueille depuis trois jours les XXI° Rencontres inter-régionales des Langues et Cultures régionales et minoritaires de France, sur le thème &#8220;Média et LCR&#8221;.</strong></p>
<p><strong>Organisée par le Conseil de la Culture, de l&#8217;Education et de l&#8217;Environnement, cette manifestation réunit des délégations de la Guyane, de la Corse, de la Catalogne, de l&#8217;Alsace, de la Réunion, de l&#8217;Occitanie, du Pays-Basque, de la Bretagne&#8230; et bien sûr de la Martinique.</strong></p>
<p><strong>Un programme de 3 jours qui réunit donc en colloque les Créoles aux côtés des Catalans, des Bretons, des Corses, des Occitans, des Basques, des Alsaciens pour des débats de fond autour de la pluriethnie et de la diversité linguistique et culturelle au sein de la nation.<span id="more-3364"></span></strong></p>
<p>Un programme riche et dense réunit les congressistes entre le Conseil régional et le Centre culturel de Fonds-Saint-Jacques, sur des thématiques très variées : évolution de la situation linguistique, implication des médias, les éditeurs en langue créole, identité, citoyenneté et développement, etc.</p>
<p><strong><em>Télécharger ici le discours du président Serge LETCHIMY : <a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Discours-de-SL-à-RI-LCR-2012.pdf">Discours de SL à RI LCR 2012</a></em></strong></p>
<p><em><strong>Lire aussi : <a href="http://www.politiques-publiques.net/Langues-et-cultures-regionales-de.html">http://www.politiques-publiques.net/Langues-et-cultures-regionales-de.html</a></strong></em></p>
<p><strong><em>Lire aussi ce sondage sur les langues régionales : <a href="http://www.antilla-blog.com/2011/09/01/les-langues-regionales-a-defendre-434-des-francais-pour-mais-52-des-francais-indifferents-ou-contre%E2%80%A6/">http://www.antilla-blog.com/2011/09/01/les-langues-regionales-a-defendre-434-des-francais-pour-mais-52-des-francais-indifferents-ou-contre%E2%80%A6/</a></em></strong></p>
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		<title>Être créole est un état multiracial et multiculturel</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 19:11:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Maxette BEAUGENDRE-OLSSON]]></category>

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		<description><![CDATA[“Dans des sociétés multiraciales telles que les nôtres, il apparait urgent que l&#8217;on sorte des habituelles distinctions raciologiques et que l&#8217;on reprenne l&#8217;habitude de désigner l&#8217;homme de nos pays sous le seul vocable qui lui convienne, quelque soit sa complexion : Créole.”, certifie “Éloge de la Créolité”. Retour sur ce texte fondateur -“Éloge de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3357" class="wp-caption alignleft" style="width: 286px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/maxette-olsson-tous-creoles.jpg"><img class="size-full wp-image-3357" title="maxette-olsson-tous-creoles" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/maxette-olsson-tous-creoles.jpg" alt="" width="276" height="183" /></a><p class="wp-caption-text">Maxette BEAUGENDRE-OLSSON</p></div>
<p><strong>“Dans des sociétés multiraciales telles que les nôtres, il apparait urgent que l&#8217;on sorte des habituelles distinctions <em>raciologiques</em> et que l&#8217;on reprenne l&#8217;habitude de désigner l&#8217;homme de nos pays sous le seul vocable qui lui convienne, quelque soit sa complexion : <em>Créole</em>.”, certifie “Éloge de la Créolité”.</strong></p>
<p><strong>Retour sur ce texte fondateur -“Éloge de la Créolité”- par le biais du témoignage enthousiaste et coloré de Maxette BEAUGENDRE-OLSSON, guadeloupéenne qui s&#8217;épanouit depuis plus de vingt ans en Suède, auprès d&#8217;un mari blond. &#8220;<em>Un vrai blond partout avec des yeux bleus. Un homme intègre et digne que j´aime et honore de tout mon être</em> &#8221;, précise-t-elle.<span id="more-3356"></span></strong></p>
<p><em><strong><span style="color: #ff0000;">A lire sur le site Potomitan : </span><a href="http://www.potomitan.info/maxette/eloge.php">http://www.potomitan.info/maxette/eloge.php</a></strong></em></p>
<p><strong><em>A lire également :</em></strong><strong><em> </em></strong><strong><em><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/2011/08/12/la-baie-des-anges-ondule-au-rythme-creole/">http://www.touscreoles.fr/2011/08/12/la-baie-des-anges-ondule-au-rythme-creole/</a></strong></em></strong></p>
<p><em><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/2011/04/03/ma-dame-creole/">http://www.touscreoles.fr/2011/04/03/ma-dame-creole/</a></strong></em></p>
<p><em><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/2009/07/13/creole-jusqu-en-suede/">http://www.touscreoles.fr/2009/07/13/creole-jusqu-en-suede/</a></strong></em></p>
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		<title>TOUSSAINT dit &#8220;L&#8217;Ouverture&#8221;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 09:57:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Un peu d’histoire]]></category>
		<category><![CDATA[France ZOBDA]]></category>
		<category><![CDATA[Toussaint Louverture]]></category>

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		<description><![CDATA[Né François-Dominique TOUSSAINT en 1743, le héros de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue, fut surnommé &#8220;Louverture&#8221; pour sa capacité à &#8220;ouvrir&#8221; les rangs de ses ennemis. Il aura été le premier leader noir à vaincre les forces militaires de plusieurs nations coloniales européennes. Né esclave, affranchi à l&#8217;âge de 33 ans, Toussaint [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Toussaint-Louverture.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3351" title="Toussaint-Louverture" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2012/01/Toussaint-Louverture-300x259.jpg" alt="" width="300" height="259" /></a>Né François-Dominique TOUSSAINT en 1743, le héros de la Révolution haïtienne, devenu par la suite gouverneur de Saint-Domingue, fut surnommé &#8220;Louverture&#8221; pour sa capacité à &#8220;ouvrir&#8221; les rangs de ses ennemis. </strong><strong>Il aura été le premier leader noir à vaincre les forces militaires de plusieurs nations coloniales européennes. Né esclave, affranchi à l&#8217;âge de 33 ans, Toussaint Louverture a mené une lutte victorieuse pour la libération des esclaves haïtiens.</strong></p>
<p><strong>Personnage complexe et fascinant, il est le héros d&#8217;une série de deux films TV produits par France ZOBDA et son compagnon Jean-Lou MONTHIEUX, entièrement réalisés à la Martinique par Philippe NIANG. Le premier épisode a été diffusé sur CANAL+ dimanche 8 janvier dernier, <span style="color: #ff0000;">et le second le sera dimanche 15 janvier 2012 au soir</span>.</strong></p>
<p><strong>A ne manquer sous aucun prétexte !<span id="more-3350"></span></strong></p>
<p>Le rôle principal est campé par Jimmy JEAN-LOUIS, dont le physique avantageux ne semble pas refléter celui du vrai Toussaint Louverture, réputé pour sa laideur physique. Une réalisation juste, dans des décors authentiques d&#8217;habitations créoles, à un rythme soutenu qui tient le spectateur en haleine. On comprend mieux grâce à ces films le parcours tumultueux et la personnalité complexe du héros haïtien, successivement allié à l&#8217;Espagne puis à la France.</p>
<p>Lorsque apparaissent les premiers signes de révolte des esclaves, Toussaint est alors à la tête d&#8217;une petite exploitation caféière et possède cinq esclaves. Egalement surnommé &#8220;l&#8217;Aigle noir&#8221; par référence à Napoléon Bonaparte, &#8220;l&#8217;Aigle (blanc)&#8221;, premier consul, la trajectoire de Toussaint Louverture sera fulgurante, et le mènera du statut d&#8217;esclave au poste de gouverneur.</p>
<p><strong><em>Visionner ici le teaser du film : <a href="http://www.eloaprod.tv/film/toussaint-louverture">http://www.eloaprod.tv/film/toussaint-louverture</a></em></strong></p>
<p><strong><em>En savoir plus :  <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture#cite_note-1">http://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture#cite_note-1</a></em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Tous nos voeux !</title>
		<link>http://www.touscreoles.fr/2011/12/29/tous-nos-voeux/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 22:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Vie de l'association]]></category>

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		<description><![CDATA[Au seuil de cette nouvelle année, nous vous présentons nos vœux les meilleurs et bien sincères pour vous, votre famille et celles et ceux qui vous sont chers. Que 2012 vous conserve la santé, et vous apporte joies quotidiennes, sérénité et réussite dans votre vie.   &#160; Nous continuons à faire le pari de l&#8217;intelligence, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2></h2>
<h2><span style="color: #3366ff;"><strong><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/poignee-de-main.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3346" title="poignee-de-main" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/poignee-de-main-106x106.png" alt="" width="106" height="106" /></a>Au seuil de cette nouvelle année, nous vous présentons nos vœux les meilleurs et bien sincères pour vous, votre famille et celles et ceux qui vous sont chers. Que 2012 vous conserve la santé, et vous apporte joies quotidiennes, sérénité et réussite dans votre vie.</strong><strong> </strong> </span></h2>
<h2></h2>
<h2></h2>
<h2></h2>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #3366ff;"><strong>Nous continuons à faire le pari de l&#8217;intelligence, de l&#8217;apaisement, du bon sens et de la confiance partagée, car nous croyons en l&#8217;Homme créole, en sa capacité à bâtir une société apaisée et plus solidaire.</strong></span></h2>
<h2><span style="color: #3366ff;"><strong></strong> </span></h2>
<h2></h2>
<h2><span style="color: #3366ff;"><strong>Pour parvenir à faire de nos différences une œuvre collective, nous espérons avoir le grand plaisir de poursuivre avec vous le chemin entrepris depuis 2007.</strong><strong></strong></span></h2>
<h2></h2>
<h2></h2>
<p>&nbsp;</p>
<h2><span style="color: #3366ff;"><strong>Très belle année 2012 !</strong></span></h2>
<h2></h2>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Chaude ambiance au Chanté Nwel de &#8220;Tous Créoles !&#8221;</title>
		<link>http://www.touscreoles.fr/2011/12/14/chaude-ambiance-au-chante-nwel-de-tous-creoles/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 15:08:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités créoles]]></category>
		<category><![CDATA[Vie de l'association]]></category>
		<category><![CDATA[Chanté Nwel]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Samedi dernier le 10 décembre, environ 85 membres et sympathisants de l’association « Tous Créoles ! » se sont retrouvés « Caye Lisa » à la Poterie des Trois-Îlets, pour leur traditionnelle soirée « Kantik Craché Di Fé » typiquement créole. &#160; Comme l’année dernière, c’est le « Groupe Électrogène » de Jeannot GUIYOULE en grande formation qui a animé sans mollir la soirée, avec comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3326" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Groupe-électrogène31.jpg"><img class="size-medium wp-image-3326" title="Groupe électrogène3" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Groupe-électrogène31-300x191.jpg" alt="" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">Le &quot;Groupe Électrogène&quot; en grande formation !</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Samedi dernier le 10 décembre, environ 85 membres et sympathisants de l’association « Tous Créoles ! » se sont retrouvés « Caye Lisa » à la Poterie des Trois-Îlets, pour leur traditionnelle soirée « Kantik Craché Di Fé » typiquement créole.</strong></p>
<p><strong><span id="more-3323"></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme l’année dernière, c’est le « Groupe Électrogène » de Jeannot GUIYOULE en grande formation qui a animé sans mollir la soirée, avec comme leader Philippe RASTOCLE, José PRIVAT du groupe Malavoi au clavier, André LA HOUSSAYE à la batterie et Charlie SAURON à la basse, sans oublier <em>el maestro</em> Jeannot GUIYOULE lui-même à la guitare.</p>
<p>Le site retenu pour cette fête était une charmante bâtisse du 18° siècle dans les jardins du Village authentique de la Poterie des Trois-Îlets, à proximité de la mangrove et de la mer, ce qui rajoutait à la qualité de ce chaleureux moment de partage et de convivialité.</p>
<div id="attachment_3327" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Ambiance.jpg"><img class="size-medium wp-image-3327" title="Ambiance" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Ambiance-300x214.jpg" alt="" width="300" height="214" /></a><p class="wp-caption-text">Ambiance ! Ambiance !</p></div>
<p>Une belle ambiance a prévalu toute la soirée, à peine interrompue par quelques pauses indispensables de<em> réhydratation</em> ainsi que par le copieux et délicieux repas chaud servi par les deux charmantes hôtesses du traiteur RODA. De 7 à 77 ans (et plus), les <em>cantiqueurs</em> s’en sont donné à cœur-joie et à tue-tête pour seconder Philippe RASTOCLE au micro.</p>
<p>L’association « Tous Créoles ! » tient ici à remercier ses sponsors qui ont amicalement contribué au réel succès de ce Chanté Nwel : CHANFLOR, les rhums FAVORITE, les jambons et charcuteries COMIA, les boissons énergétiques LONG-HORN, les glaçons CRYSTAL.</p>
<p><strong>Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine : on prendra les mêmes, et on recommencera !</strong></p>
<p><em><span style="color: #ff0000;">A lire également :</span> <a href="http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/culture/chante-nwel-une-tradition-peyi-21-12-2011-137676.php">http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/culture/chante-nwel-une-tradition-peyi-21-12-2011-137676.php</a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Chanteurs4.jpg"><img class="size-full wp-image-3330" title="Chanteurs4" src="http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/12/Chanteurs4.jpg" alt="" width="1024" height="683" /></a></p>
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<dl id="attachment_3330" class="wp-caption alignleft" style="width: 1034px;">
<dd class="wp-caption-dd">Les &#8220;Cantiqueurs&#8221;</dd>
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</div>
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